Comme l'an dernier, je me suis amusé à tirer un bilan de mon année cinéma. Parmi les 120 films environ que j'ai vus, lesquels m'ont plu, lesquels m'ont déplu... Voici donc le Top 15 et le Flop 15 de 2011 !! Bien évidemment, c'est purement subjectif et source de débats infinis :-)
Top 15 :
1. Black Swan (Natalie - Darren, le duo magique de 2011)
2. Les Chemins de la liberté (Du grand spectacle digne de Master and Commander, bravo Peter)
3. Drive (Mise en scène de ouf, acteur de ouf, BO de ouf !)
4. Le Discours d'un roi (Une page d'histoire méconnue servie par des acteurs excellents)
5. L'Aigle de la 9e légion (De l'amitié, de l'aventure, de l'action ! Même Channing Tatum est bon, un exploit)
6. Intouchables (Drôle, pas larmoyant pour un sou. Cluzet au top comme d'hab, Omar Sy la révélation)
7. Une séparation (C'est iranien et universel à la fois. Un thriller psychologique tout en finesse)
8. Killing Bono (Un vent de fraîcheur sur les films musicaux. Une BO à tomber et des acteurs idoines)
9. We need to talk about Kevin (Tellement réaliste et tellement terrifiant. A vous couper l'envie de faire des enfants)
10. La Planète des singes (Le meilleur blockbuster américain de l'année. Réfléchi, et pour une fois, les effets spéciaux servent le récit)
11. Crazy, stupid, love (Un subtil mélange d'humour et d'émotion, toujours juste, jamais racoleur)
12. Le Complexe du castor (Un traité psychologique sur les relations père-fils, un auto-portrait de Mel Gibson)
13. Fighter (Deux frères, deux boxeurs, deux destins, encore un excellent film de boxe) / Warrior (Deux frères, deux boxeurs, deux destins, encore un excellent film de boxe)
14. Présumé coupable (Une lente mais profonde descente aux enfers d'un homme innocent. Captivant et consternant)
15. Poupoupidou (C'est loufoque et glacé, un petit régal)
Bonus tracks :
Fast and Furious 5
Les Femmes du 6e étage
The Company Men
Source Code
L'Agence
Raiponce
Comment savoir
True Grit
Sans identité
Une pure affaire
127 Heures
Tous les soleils
Rango
Winter's bone
Morning Glory
Voir la mer
Animal Kingdom
La Conquête
La Défense Lincoln
X-Men, le Commencement
Limitless
Omar m'a tuer
The Murderer
J'ai rencontré le diable
Mes meilleures amies
Restless
The Artist
The Thing
Real Steel
Les Marches du pouvoir
Polisse
Carnage
Mission : Impossible 4
Flop 15 :
1. Somewhere (Un film sur l'ennui qui ennuie)
2. The Tree of life (C'est beau mais vide)
3. Cars 2 (Le premier loupé de Pixar en plus de 25 ans. On leur pardonne ?)
4. Pirates des Caraïbes 4 (Pitié, merci de ne pas faire de 5e numéro)
5. Au-delà (Après Invictus, un deuxième loupé de suite pour Eastwood)
6. Transformers 3 (Pitié, merci de ne pas faire de 4e numéro)
7. Le Marquis (La comédie française la plus cheap depuis longtemps, à tous les points de vue)
8. Rien à déclarer (Dany Boon tente de refaire le coup des Ch'tis, mais ce coup-ci, c'est loupé)
9. Ma part du gâteau (Ça part bien, et puis ça vire au n'importe quoi sur la fin. Klapisch passe à côté)
10. Hollywoo (Prenez deux des comiques français les plus drôles, servez-leur un scénario de merde, et surtout ne riez pas)
11. Harry Potter et les reliques de la mort parties 1 et 2 (Enfin, c'est fini ! On peut passer à autre chose !)
12. Scream 4 (Bouh ! Même pas peur !)
13. La Guerre est déclarée (Le type même de film qu'il est interdit de ne pas aimer, mais un peu plus de cinéma dedans, ça aurait été bien)
14. Very Bad Trip 2 (Copie presque conforme du premier, sauf qu'on rit beaucoup moins)
15. La Piel que habito (Organique mais froid. N'est pas Cronenberg qui veut)
Bonus tracks :
L'Assaut
Sexfriends
Sucker Punch
Bon à tirer
Thor
Tomboy
Le Gamin au vélo
Insidious
Kung Fu Panda 2
Super 8
Melancholia
The Green Lantern
Captain America
Cowboys et envahisseurs
Un heureux événement
Les Aventures de Tintin
Contagion
Mon pire cauchemar
Time out
Le chat potté
Un blog de plus (bis)
dimanche 1 janvier 2012
mardi 9 août 2011
Super 8 vs Les Goonies
C'est l'histoire d'un mec, enfin d'un petit garçon, Joe, qui vit en 1979 dans un bled de l'Ohio, qui vient de perdre sa mère dans un tragique accident et qui passe ses vacances d'été à tourner un film de zombies en super 8 avec ses copains, au grand désarroi de son père qui préférerait l'envoyer en camp d'été. Un soir, lors du tournage d'une scène dans une gare, ils assistent à l'accident d'un train militaire, dont parvient à s'évader une entité d'origine non déterminée. Bientôt, des événements tragiques inexpliqués surviennent dans la ville, et les gamins vont essayer de découvrir ce qu'il se passe...
Flashback : 1985, les Goonies sortent au cinéma. Un film d'aventures écrit par Chris Columbus, réalisé par Richard Donner et produit par Steven Spielberg, excusez du peu. L'histoire d'un groupe de gamins qui vont partir à la recherche d'un trésor afin de sauver leurs maisons menacées par des promoteurs immobiliers. Sur leur route, ils vont croiser des gangsters pas très malins, le pirate Willie le Borgne et Cynoque... Vingt-cinq ans après, J. J. Abrams rend hommage au cinéma de Spielberg en sortant son Gonnies à lui, teinté d'une pointe d'E.T. et de Rencontres du troisième type. Forcément, n'ayant plus 13 ans, Super 8 ne m'a pas fait le même effet que les Gonnies, même si j'ai passé un bon moment. D'ailleurs, je ne pense pas que les ados qui ont vu Super 8 s'en souviendront dans 20 ans avec la même tendresse que j'ai pour les Goonies. Super 8 ne deviendra certainement pas aussi culte, ne marquera pas sa génération de la même manière...
Plutôt que de me livrer à une critique poussée du film de Abrams, j'ai préféré m'amuser à comparer les deux films, histoire de démontrer à quel point les deux époques (1985 et 2010) sont différentes et comment chaque génération a, au fond, le film d'aventures qu'elle mérite.
- Le contexte : Dans les Goonies, il est altruiste et symbolique. Tous les enfants vivent dans le même quartier et des promoteurs veulent le détruire pour construire un parcours de golf. Face à l'immobilisme de leurs parents, les gamins vont essayer de trouver une solution pour sauver leurs maisons. Dans Super 8, quatre garçons réalisent un film de zombies en super 8, sous l'autorité d'un réalisateur légèrement tyrannique qui veut le présenter à un festival. Il va inviter une fille à se joindre à eux car elle lui plaît, mais elle va finir dans les bras d'un de ses camarades. En bref, beaucoup moins de générosité...
- Les héros : Un chef de bande timide et pas sûr de lui, un bavard, un chinois fan de gadgets, un gourmand un peu beaucoup enveloppé (Choco !), un grand frère qui veut jouer les chefs, une jolie fille et sa copine casse couilles, dans les Goonies, il y en a pour tous les goûts, et toutes les "minorités" sont représentées. Et même si ça chambre et ça s'engueule parfois, c'est l'humour et la décontraction qui dominent. Dans Super 8, on trouve donc le réalisateur, un peu grassouillet, qui a tendance à crier sur tout le monde, le "héros", qui essaye de se remettre du décès de sa mère et de gérer un père qui ne s'est jamais occupé de lui, un fan de pétards et d'explosifs qui veut tout faire sauter et un grand dadais un peu bête qui joue l'acteur principal du film. Ils sont rapidement rejoints par une jolie blonde introvertie qui est liée à Joe par un secret de famille, pourrait-on dire. Ils sont moins nombreux que dans les Goonies, moins hétéroclites, moins charmants, moins touchants. En bref, beaucoup moins d'empathie...
- Les méchants : Le succès des Goonies est indissociable des frères Fratelli. Dans cette famille de gangsters d'ascendance italienne, on trouve la mère, la Mama, aussi caractérielle que vénale, Francis, le plus intelligent et le plus machiavélique, Jake, qui vient de s'évader de prison et qui adore chanter en italien, et Lotney, aussi surnommé Cynoque, difforme à la suite d'un accident de berceau (!), enfermé à la cave, maltraité par ses frères, et qui va rejoindre la cause des Goonies après être devenu ami avec Choco. Une bande de pieds nickelés donc, qui sont dramatiquement mauvais dans ce qu'ils font, le banditisme, mais qu'on ne peut pas s'empêcher, du coup, d'aimer un peu, tellement ils sont délicieusement amusants. Dans Super 8, les méchants sont un peu plus professionnels puisque ce sont des militaires américains, armés jusqu'aux dents, qui vont réduire cette paisible bourgade de l'Ohio en champs de guerre. Menés par le désagréable colonel Nelec, ils ne vont pas faire dans la dentelle pour retrouver l'entité qui s'est échappée, quitte à utiliser des méthodes pas foncièrement humanistes. En bref, beaucoup moins de douceur dans ce monde de brutes...
- La quête : D'un côté, les Goonies vont partir, aidés d'une carte, à la recherche d'un trésor, celui de Willie le Borgne, un pirate légendaire. Après bien des aventures, dont l'emprisonnement puis la libération de Choco, les enfants vont finir par mettre la main sur le navire de Willie et ses montagnes d'or et de pierres précieuses. Mikey, le héros un peu chétif et malade, va réussir à en chiper quelques-unes, ce qui lui permettra de sauver son quartier. Par la même occasion, et comme tous ses camarades, il va apprendre à avoir confiance en lui et va faire un bond dans l'âge adulte, tout en gardant son âme d'enfant. De l'autre côté, les enfants de Super 8 cherchent eux à réaliser leur film, c'est leur motivation première, et se retrouvent pris au piège, comme tous les autres habitants de la ville, des destructions et morts qui se succèdent. Et puis, quand la jolie blonde se fait enlever par la "bête", ils vont essayer d'aller la libérer, jusqu'à aider la bête elle-même, retenue sur Terre, à se libérer. Leur quête, égoïste au commencement, va donc peu à peu se tourner vers les autres... Mais, en bref, beaucoup moins d'altruisme...
En conclusion, les deux films sont bien caractéristiques de leur époque, celle de leur tournage, car Super 8 se déroule en 1979, soit avant les Goonies. D'un côté, des héros touchants, des méchants grotesques, une chasse au trésor comme tout gamin en a rêvé un jour ; de l'autre, des héros un peu pénibles (surtout un !), des méchants... bien méchants et un Alien atrocement moche et terriblement destructeur. En bref, il valait mieux être ado en 1985 qu'en 2010 !
Flashback : 1985, les Goonies sortent au cinéma. Un film d'aventures écrit par Chris Columbus, réalisé par Richard Donner et produit par Steven Spielberg, excusez du peu. L'histoire d'un groupe de gamins qui vont partir à la recherche d'un trésor afin de sauver leurs maisons menacées par des promoteurs immobiliers. Sur leur route, ils vont croiser des gangsters pas très malins, le pirate Willie le Borgne et Cynoque... Vingt-cinq ans après, J. J. Abrams rend hommage au cinéma de Spielberg en sortant son Gonnies à lui, teinté d'une pointe d'E.T. et de Rencontres du troisième type. Forcément, n'ayant plus 13 ans, Super 8 ne m'a pas fait le même effet que les Gonnies, même si j'ai passé un bon moment. D'ailleurs, je ne pense pas que les ados qui ont vu Super 8 s'en souviendront dans 20 ans avec la même tendresse que j'ai pour les Goonies. Super 8 ne deviendra certainement pas aussi culte, ne marquera pas sa génération de la même manière...
Plutôt que de me livrer à une critique poussée du film de Abrams, j'ai préféré m'amuser à comparer les deux films, histoire de démontrer à quel point les deux époques (1985 et 2010) sont différentes et comment chaque génération a, au fond, le film d'aventures qu'elle mérite.
- Le contexte : Dans les Goonies, il est altruiste et symbolique. Tous les enfants vivent dans le même quartier et des promoteurs veulent le détruire pour construire un parcours de golf. Face à l'immobilisme de leurs parents, les gamins vont essayer de trouver une solution pour sauver leurs maisons. Dans Super 8, quatre garçons réalisent un film de zombies en super 8, sous l'autorité d'un réalisateur légèrement tyrannique qui veut le présenter à un festival. Il va inviter une fille à se joindre à eux car elle lui plaît, mais elle va finir dans les bras d'un de ses camarades. En bref, beaucoup moins de générosité...
- Les héros : Un chef de bande timide et pas sûr de lui, un bavard, un chinois fan de gadgets, un gourmand un peu beaucoup enveloppé (Choco !), un grand frère qui veut jouer les chefs, une jolie fille et sa copine casse couilles, dans les Goonies, il y en a pour tous les goûts, et toutes les "minorités" sont représentées. Et même si ça chambre et ça s'engueule parfois, c'est l'humour et la décontraction qui dominent. Dans Super 8, on trouve donc le réalisateur, un peu grassouillet, qui a tendance à crier sur tout le monde, le "héros", qui essaye de se remettre du décès de sa mère et de gérer un père qui ne s'est jamais occupé de lui, un fan de pétards et d'explosifs qui veut tout faire sauter et un grand dadais un peu bête qui joue l'acteur principal du film. Ils sont rapidement rejoints par une jolie blonde introvertie qui est liée à Joe par un secret de famille, pourrait-on dire. Ils sont moins nombreux que dans les Goonies, moins hétéroclites, moins charmants, moins touchants. En bref, beaucoup moins d'empathie...
- Les méchants : Le succès des Goonies est indissociable des frères Fratelli. Dans cette famille de gangsters d'ascendance italienne, on trouve la mère, la Mama, aussi caractérielle que vénale, Francis, le plus intelligent et le plus machiavélique, Jake, qui vient de s'évader de prison et qui adore chanter en italien, et Lotney, aussi surnommé Cynoque, difforme à la suite d'un accident de berceau (!), enfermé à la cave, maltraité par ses frères, et qui va rejoindre la cause des Goonies après être devenu ami avec Choco. Une bande de pieds nickelés donc, qui sont dramatiquement mauvais dans ce qu'ils font, le banditisme, mais qu'on ne peut pas s'empêcher, du coup, d'aimer un peu, tellement ils sont délicieusement amusants. Dans Super 8, les méchants sont un peu plus professionnels puisque ce sont des militaires américains, armés jusqu'aux dents, qui vont réduire cette paisible bourgade de l'Ohio en champs de guerre. Menés par le désagréable colonel Nelec, ils ne vont pas faire dans la dentelle pour retrouver l'entité qui s'est échappée, quitte à utiliser des méthodes pas foncièrement humanistes. En bref, beaucoup moins de douceur dans ce monde de brutes...
- La quête : D'un côté, les Goonies vont partir, aidés d'une carte, à la recherche d'un trésor, celui de Willie le Borgne, un pirate légendaire. Après bien des aventures, dont l'emprisonnement puis la libération de Choco, les enfants vont finir par mettre la main sur le navire de Willie et ses montagnes d'or et de pierres précieuses. Mikey, le héros un peu chétif et malade, va réussir à en chiper quelques-unes, ce qui lui permettra de sauver son quartier. Par la même occasion, et comme tous ses camarades, il va apprendre à avoir confiance en lui et va faire un bond dans l'âge adulte, tout en gardant son âme d'enfant. De l'autre côté, les enfants de Super 8 cherchent eux à réaliser leur film, c'est leur motivation première, et se retrouvent pris au piège, comme tous les autres habitants de la ville, des destructions et morts qui se succèdent. Et puis, quand la jolie blonde se fait enlever par la "bête", ils vont essayer d'aller la libérer, jusqu'à aider la bête elle-même, retenue sur Terre, à se libérer. Leur quête, égoïste au commencement, va donc peu à peu se tourner vers les autres... Mais, en bref, beaucoup moins d'altruisme...
En conclusion, les deux films sont bien caractéristiques de leur époque, celle de leur tournage, car Super 8 se déroule en 1979, soit avant les Goonies. D'un côté, des héros touchants, des méchants grotesques, une chasse au trésor comme tout gamin en a rêvé un jour ; de l'autre, des héros un peu pénibles (surtout un !), des méchants... bien méchants et un Alien atrocement moche et terriblement destructeur. En bref, il valait mieux être ado en 1985 qu'en 2010 !
vendredi 5 août 2011
Le compteur de l'amour
A chaque fois qu'on commence une relation sentimentale, on ouvre un compteur de l'amour. Prenons un exemple concret. Je rencontre une fille, par quelconque intermédiaire (hasard, dans la rue, en boîte, sur le net, un ami commun) ; elle me plaît : heureux hasard, l'attirance est mutuelle ; nous nous revoyons ; nous nous embrassons ; nous nous revoyons encore ; nous nous embrassons tout nus ; nous débutons une relation...
A ce moment-là, chacun de notre côté, nous ouvrons donc notre compteur de l'amour, qui contient dès le début un certain nombre de points. Selon notre passé, notre rancoeur envers le sexe opposé, la durée de notre célibat, notre état d'esprit au moment de la rencontre et d'autres critères plus ou moins bien définis et universels, ce nombre peut différer. Elle et moi ne partons pas à égalité (mais bon si l'égalité existait en amour, ça se saurait...). Bien sûr, certains événements peuvent apporter un bonus, comme un coup de foudre par exemple. C'est important pour la suite, on va le voir...
Car voilà, désormais que la relation a pris son envol, ce compteur va évoluer, bien évidemment. Là aussi, pas forcément de la même manière pour les deux partenaires, c'est logique. Selon où l'on se place, on ne vit pas la relation de la même manière, on n'évolue pas à la même vitesse et ce qui peut paraître positif à l'un sera tout à fait négatif pour l'autre.
Donc, qu'est-ce qui fait augmenter le compteur, qu'est-ce qui le fait diminuer ? Voici quelques exemples, cette liste étant bien sûr non exhaustive...
Si vous êtes un homme :
Vous ne vous rasez pas pendant plusieurs jours, +15 points.
Vous oubliez fréquemment de rabattre l'abattant des toilettes, -10 points.
Votre partenaire a un orgasme, +100 points.
Vous matez les seins d'une jolie fille dans la rue, -15 points.
Vous avez encore oublié de fermer le tube de dentifrice, -5 points (ça n'arrive qu'aux hommes bien sûr).
Vous avez oublié l'anniversaire de votre rencontre, -500 points.
Vous préférez passer une soirée avec vos amis qu'avec votre moitié, -100 points.
Vous ne savez pas qui est Christian Louboutin, -20 points.
Vous ne savez pas qui est Leo Messi, +20 points.
Vous préférez Modigliani à Ferrari, +20 points.
Vous avez laissé traîner vos chaussettes au pied du lit, -5 points (ça n'arrive qu'aux hommes bien sûr).
Vous arrivez en retard à un rendez-vous, -20 points.
Vous fantasmez sur Natalie Portman, -50 points.
Vous proposez un plan à trois (avec deux filles), -100 points.
On peut donc voir que le meilleur moyen pour faire monter son compteur est de donner du plaisir à sa partenaire. Pour le reste...
Si vous êtes une femme :
Vous ne vous épilez pas pendant plusieurs semaines, -30 points.
Votre partenaire a un orgasme, +15 points.
Vous matez les seins d'une jolie fille dans la rue, +15 points.
Vous avez oublié l'anniversaire de votre rencontre, -10 points.
Vous préférez passer une soirée avec vos amis qu'avec votre moitié, +/-0 point.
Vous ne savez pas qui est Christian Louboutin, +20 points.
Vous ne savez pas qui est Leo Messi, -20 points.
Vous préférez Modigliani à Ferrari, -10 points.
Vous arrivez en retard à un rendez-vous, -10 points.
Vous fantasmez sur Orlando Bloom, -50 points.
Vous acceptez un plan à trois (avec deux filles), +200 points
Lorsque le compteur arrive à zéro, logiquement c'est la rupture. Logiquement, car certains aiment bien se quitter pour se reprendre quelques heures (jours, semaines ?) après. Ou alors, celui (ou celle) qui est quitté(e) va réussir à convaincre l'autre de laisser une autre (dernière ?) chance à leur histoire. Bref, la fin n'est pas forcément la fin, mais le plus souvent elle l'est.
A l'inverse, lorsque le compteur arrive à, je ne sais pas, disons 2000 points, c'est le Pacs ; à 5000 points, c'est le mariage ; à 10000 points, c'est le premier enfant (sauf s'il a été fait avant le mariage) ; etc... Jusqu'à ce que la mort nous sépare. Enfin normalement, car il peut encore se passer bien des choses dans la vie d'un couple, même lorsqu'il est soudé par certains liens...
A ce moment-là, chacun de notre côté, nous ouvrons donc notre compteur de l'amour, qui contient dès le début un certain nombre de points. Selon notre passé, notre rancoeur envers le sexe opposé, la durée de notre célibat, notre état d'esprit au moment de la rencontre et d'autres critères plus ou moins bien définis et universels, ce nombre peut différer. Elle et moi ne partons pas à égalité (mais bon si l'égalité existait en amour, ça se saurait...). Bien sûr, certains événements peuvent apporter un bonus, comme un coup de foudre par exemple. C'est important pour la suite, on va le voir...
Car voilà, désormais que la relation a pris son envol, ce compteur va évoluer, bien évidemment. Là aussi, pas forcément de la même manière pour les deux partenaires, c'est logique. Selon où l'on se place, on ne vit pas la relation de la même manière, on n'évolue pas à la même vitesse et ce qui peut paraître positif à l'un sera tout à fait négatif pour l'autre.
Donc, qu'est-ce qui fait augmenter le compteur, qu'est-ce qui le fait diminuer ? Voici quelques exemples, cette liste étant bien sûr non exhaustive...
Si vous êtes un homme :
Vous ne vous rasez pas pendant plusieurs jours, +15 points.
Vous oubliez fréquemment de rabattre l'abattant des toilettes, -10 points.
Votre partenaire a un orgasme, +100 points.
Vous matez les seins d'une jolie fille dans la rue, -15 points.
Vous avez encore oublié de fermer le tube de dentifrice, -5 points (ça n'arrive qu'aux hommes bien sûr).
Vous avez oublié l'anniversaire de votre rencontre, -500 points.
Vous préférez passer une soirée avec vos amis qu'avec votre moitié, -100 points.
Vous ne savez pas qui est Christian Louboutin, -20 points.
Vous ne savez pas qui est Leo Messi, +20 points.
Vous préférez Modigliani à Ferrari, +20 points.
Vous avez laissé traîner vos chaussettes au pied du lit, -5 points (ça n'arrive qu'aux hommes bien sûr).
Vous arrivez en retard à un rendez-vous, -20 points.
Vous fantasmez sur Natalie Portman, -50 points.
Vous proposez un plan à trois (avec deux filles), -100 points.
On peut donc voir que le meilleur moyen pour faire monter son compteur est de donner du plaisir à sa partenaire. Pour le reste...
Si vous êtes une femme :
Vous ne vous épilez pas pendant plusieurs semaines, -30 points.
Votre partenaire a un orgasme, +15 points.
Vous matez les seins d'une jolie fille dans la rue, +15 points.
Vous avez oublié l'anniversaire de votre rencontre, -10 points.
Vous préférez passer une soirée avec vos amis qu'avec votre moitié, +/-0 point.
Vous ne savez pas qui est Christian Louboutin, +20 points.
Vous ne savez pas qui est Leo Messi, -20 points.
Vous préférez Modigliani à Ferrari, -10 points.
Vous arrivez en retard à un rendez-vous, -10 points.
Vous fantasmez sur Orlando Bloom, -50 points.
Vous acceptez un plan à trois (avec deux filles), +200 points
Lorsque le compteur arrive à zéro, logiquement c'est la rupture. Logiquement, car certains aiment bien se quitter pour se reprendre quelques heures (jours, semaines ?) après. Ou alors, celui (ou celle) qui est quitté(e) va réussir à convaincre l'autre de laisser une autre (dernière ?) chance à leur histoire. Bref, la fin n'est pas forcément la fin, mais le plus souvent elle l'est.
A l'inverse, lorsque le compteur arrive à, je ne sais pas, disons 2000 points, c'est le Pacs ; à 5000 points, c'est le mariage ; à 10000 points, c'est le premier enfant (sauf s'il a été fait avant le mariage) ; etc... Jusqu'à ce que la mort nous sépare. Enfin normalement, car il peut encore se passer bien des choses dans la vie d'un couple, même lorsqu'il est soudé par certains liens...
jeudi 30 juin 2011
Et toi, t'es sportif ou intello ?
En lisant mon Télérama hebdomadaire, j'ai souri aux commentaires présentant chaque étape du Tour de France, qui débute samedi. Exemple, pour le Prologue : «C'est beau, un peloton qui s'ébroue dans les embruns. Bienvenue en Vendée pour le départ du grand calvaire, pardon, de la grande boucle. 3430,5 km, 21 étapes et des véhicules sans moteur. Chouette.»
Oui, à la première lecture j'ai souri, car c'est bien écrit et assez ironique. Et puis en y réfléchissant, je me suis dit que ce n'était pas la première fois que je lisais un tel commentaire sur du sport dans ce magazine. C'est un peu une habitude chez eux de railler tout ce qui touche aux différentes compétitions sportives diffusées sur les multiples chaînes de télévision, et tous ceux qui aiment les suivre. Et en y réfléchissant un peu plus, j'ai trouvé ça limite vexant, et je me suis senti attaqué dans ma nature de sportif... cultivé. Car n'en déplaise à ces chers journalistes de Télérama, magazine que j'apprécie par ailleurs lorsqu'il ne se la joue pas trop intellectuel-bobo, on peut tout à la fois aimer le sport et les arts. Rien ne s'y oppose. En tout cas chez moi.
Je lis Dostoïevski et je regarde des Grands Prix de F1, je suis ému à la fois par le Requiem de Mozart et par un 100 m d'Usain Bolt, je suis aussi à l'aise dans un musée que dans un stade de foot, je suis abonné à Télérama et manque rarement un numéro de L'Equipe Magazine...
Mais tout ceci a commencé très jeune. Quand j'étais petit, on m'opposait, moi le sportif, à mon frère, l'intello. Il prenait des cours de piano et moi de tennis, alors forcément... Cela a continué, plus tard. Même si j'étais loin d'être un mauvais élève, je n'ai jamais été de son niveau, mais je continuais à jouer au tennis ! En "vieillissant", nous nous sommes équilibrés lui et moi, je me suis "cultivé", il s'est "musclé"... Et aujourd'hui, c'est lui qui est inscrit dans une salle de sport et c'est moi qui traîne dans les musées ! Comme quoi...
Comme quoi cette dichotomie est stupide, un peu comme celle qui veut que les garçons jouent aux petites voitures et les filles à la poupée. Je revendique donc haut et fort ma culture artistique et sportive ! Et je crie Vive l'éclectisme, à bas les préjugés ! Mais je reste quand même abonné à Télérama, même s'ils craignent parfois, faut pas déconner...
Oui, à la première lecture j'ai souri, car c'est bien écrit et assez ironique. Et puis en y réfléchissant, je me suis dit que ce n'était pas la première fois que je lisais un tel commentaire sur du sport dans ce magazine. C'est un peu une habitude chez eux de railler tout ce qui touche aux différentes compétitions sportives diffusées sur les multiples chaînes de télévision, et tous ceux qui aiment les suivre. Et en y réfléchissant un peu plus, j'ai trouvé ça limite vexant, et je me suis senti attaqué dans ma nature de sportif... cultivé. Car n'en déplaise à ces chers journalistes de Télérama, magazine que j'apprécie par ailleurs lorsqu'il ne se la joue pas trop intellectuel-bobo, on peut tout à la fois aimer le sport et les arts. Rien ne s'y oppose. En tout cas chez moi.
Je lis Dostoïevski et je regarde des Grands Prix de F1, je suis ému à la fois par le Requiem de Mozart et par un 100 m d'Usain Bolt, je suis aussi à l'aise dans un musée que dans un stade de foot, je suis abonné à Télérama et manque rarement un numéro de L'Equipe Magazine...
Mais tout ceci a commencé très jeune. Quand j'étais petit, on m'opposait, moi le sportif, à mon frère, l'intello. Il prenait des cours de piano et moi de tennis, alors forcément... Cela a continué, plus tard. Même si j'étais loin d'être un mauvais élève, je n'ai jamais été de son niveau, mais je continuais à jouer au tennis ! En "vieillissant", nous nous sommes équilibrés lui et moi, je me suis "cultivé", il s'est "musclé"... Et aujourd'hui, c'est lui qui est inscrit dans une salle de sport et c'est moi qui traîne dans les musées ! Comme quoi...
Comme quoi cette dichotomie est stupide, un peu comme celle qui veut que les garçons jouent aux petites voitures et les filles à la poupée. Je revendique donc haut et fort ma culture artistique et sportive ! Et je crie Vive l'éclectisme, à bas les préjugés ! Mais je reste quand même abonné à Télérama, même s'ils craignent parfois, faut pas déconner...
dimanche 5 juin 2011
La Conquête
C'est l'histoire d'un mec, Nicolas S., qui depuis trente ans ne pense qu'à une seule chose : devenir Président de la République. De 2002 à 2007, du ministère de l'Intérieur à celui du Budget, en passant par le QG de l'UMP, l'ancien maire de Neuilly va peu à peu tisser la toile qui va le porter jusqu'aux plus hautes fonctions de l'Etat. Mais, alors que sa vie professionnelle resplendit, sa vie personnelle tourne au désastre...
Il est rare que le cinéma français s'attaque à la politique. Il est encore plus rare (unique ?) que la fiction évoque un président encore en exercice. Certes, La Conquête ne raconte pas le quinquennat de Nicolas Sarkozy mais comment il est arrivé à l'Elysée. Il n'empêche, un tel vent de fraîcheur, et une telle "insolence", font plaisir à voir. Pendant près de deux heures, Xavier Durringer, connu jusqu'ici pour... pas grand-chose (J'irai au paradis car l'enfer est ici, Chok Dee) nous fait pénétrer dans les coulisses du pouvoir, ses grandes manoeuvres et ses petites phrases assassines, ses alliances et ses trahisons. Et il nous raconte comment le "nabot", comme le surnomment tour à tour Jacques Chirac et Dominique de Villepin, a conquis la France, en même temps qu'il a perdu sa femme.
Face à lui, Sarkozy affronte donc Chirac et de Villepin. De nombreux rendez-vous à l'Elysée, ou déjeuners avec de Villepin émaillent le film. L'occasion pour les différents protagonistes de cette comédie humaine de se dire en face, ou pas, ce qu'ils pensent les uns des autres. Ces scènes sont souvent drôles, notamment grâce aux dialogues incisifs, au sens de la répartie de Sarkozy, et à la savoureuse interprétation des comédiens.
A ses côtés, le "candidat" possède sa garde rapprochée, ses fameux Sarkoboys, avec au premier rang Claude Guéant, l'ami de longue date, toujours présent même quand il reste silencieux, Frédéric Lefebvre ou Pierre Charon. Au milieu de ce bloc de testostérone, une femme arrive tout de même à se démarquer, Rachida Daty. Et tout ce groupe travaille sans cesse à construire l'image de Sarkozy, très souvent bien différente de ce qu'il est en réalité.
Et encore plus près de Nicolas, il y a sa femme, Cécilia. Sa première conseillère, comme il l'appelle. Mais, lassée par toutes les obligations de représentations qu'impose la conquête du pouvoir, blessée par la manière dont son mari la traite parfois, elle va peu à peu se détourner de lui. C'est là le principal ressort dramatique du film : en même temps que Nicolas se rapproche du sommet, Cécilia, séduite par un publicitaire, Richard Atias, qui lui offre une vie différente, plus discrète, disparaît.
Un carton l'annonce au début du film : même si certains personnages et certains dialogues sont réels, La Conquête est une oeuvre de fiction. C'est ce qui fait à la fois la force et la faiblesse du film. Car entre réalité et fiction, la frontière est parfois difficile à déterminer, et on ne sait jamais vraiment si ce qu'on regarde, ce qu'on entend est vrai ou pas. Sur certaines scènes, abondamment relayées par les médias à l'époque, le doute n'est pas permis. Pour d'autres, ce n'est pas le cas. Notamment tout ce qui concerne la rupture avec Cecilia, qui affecte réellement Sarkozy dans le film. Etait-ce également le cas dans la vraie vie, ou bien est-ce un parti-pris du film pour rendre le personnage plus romanesque, attachant ?
Du coup, on ressort avec une impression bizarre, notamment à propos de Sarkozy. Tour à tour odieux, cynique, drôle, blessé, mais toujours combatif, franc et direct, le personnage nous apparaît terriblement... humain. Bien loin de l'image qu'on a de lui, en fait. Moi qui pensais voir un film anti-Sarko, c'est plutôt le contraire qui m'est offert, et j'ai fini par avoir presque de l'empathie pour lui. Au contraire, de Villepin, qui apparaît comme totalement obsédé par "le nabot", est assez détestable. Mielleux, hypocrite, il est bien loin de sa hauteur d'âme et d'esprit qui transparaît publiquement. Quant à Chirac, sa relation avec Sarkozy est étrange. On sent bien qu'il ne sait pas comment s'y prendre avec lui. L'ambition et les manières de celui qui l'a trahi pour Balladur l'exaspèrent, mais d'un autre côté, il sait bien qu'il est le seul capable de lui succéder. Il se méfie mais finit par lui céder tous les outils afin qu'il devienne président. Il l'adoube, sans jamais le lui dire en face...
Un dernier mot, pour conclure, sur l'interprétation de Denis Podalydès. Dès la première scène, par sa démarche, on voit Nicolas Sarkozy. Il parvient à incarner le président sans jamais le caricaturer, que ce soit dans sa voix, sa posture, ses tics... Une performance du même accabit que celle de Xavier Demaison dans Coluche, ou Eric Elmosnino dans Gainsbourg. Et une raison de plus pour apprécier ce film...
Il est rare que le cinéma français s'attaque à la politique. Il est encore plus rare (unique ?) que la fiction évoque un président encore en exercice. Certes, La Conquête ne raconte pas le quinquennat de Nicolas Sarkozy mais comment il est arrivé à l'Elysée. Il n'empêche, un tel vent de fraîcheur, et une telle "insolence", font plaisir à voir. Pendant près de deux heures, Xavier Durringer, connu jusqu'ici pour... pas grand-chose (J'irai au paradis car l'enfer est ici, Chok Dee) nous fait pénétrer dans les coulisses du pouvoir, ses grandes manoeuvres et ses petites phrases assassines, ses alliances et ses trahisons. Et il nous raconte comment le "nabot", comme le surnomment tour à tour Jacques Chirac et Dominique de Villepin, a conquis la France, en même temps qu'il a perdu sa femme.
Face à lui, Sarkozy affronte donc Chirac et de Villepin. De nombreux rendez-vous à l'Elysée, ou déjeuners avec de Villepin émaillent le film. L'occasion pour les différents protagonistes de cette comédie humaine de se dire en face, ou pas, ce qu'ils pensent les uns des autres. Ces scènes sont souvent drôles, notamment grâce aux dialogues incisifs, au sens de la répartie de Sarkozy, et à la savoureuse interprétation des comédiens.
A ses côtés, le "candidat" possède sa garde rapprochée, ses fameux Sarkoboys, avec au premier rang Claude Guéant, l'ami de longue date, toujours présent même quand il reste silencieux, Frédéric Lefebvre ou Pierre Charon. Au milieu de ce bloc de testostérone, une femme arrive tout de même à se démarquer, Rachida Daty. Et tout ce groupe travaille sans cesse à construire l'image de Sarkozy, très souvent bien différente de ce qu'il est en réalité.
Et encore plus près de Nicolas, il y a sa femme, Cécilia. Sa première conseillère, comme il l'appelle. Mais, lassée par toutes les obligations de représentations qu'impose la conquête du pouvoir, blessée par la manière dont son mari la traite parfois, elle va peu à peu se détourner de lui. C'est là le principal ressort dramatique du film : en même temps que Nicolas se rapproche du sommet, Cécilia, séduite par un publicitaire, Richard Atias, qui lui offre une vie différente, plus discrète, disparaît.
Un carton l'annonce au début du film : même si certains personnages et certains dialogues sont réels, La Conquête est une oeuvre de fiction. C'est ce qui fait à la fois la force et la faiblesse du film. Car entre réalité et fiction, la frontière est parfois difficile à déterminer, et on ne sait jamais vraiment si ce qu'on regarde, ce qu'on entend est vrai ou pas. Sur certaines scènes, abondamment relayées par les médias à l'époque, le doute n'est pas permis. Pour d'autres, ce n'est pas le cas. Notamment tout ce qui concerne la rupture avec Cecilia, qui affecte réellement Sarkozy dans le film. Etait-ce également le cas dans la vraie vie, ou bien est-ce un parti-pris du film pour rendre le personnage plus romanesque, attachant ?
Du coup, on ressort avec une impression bizarre, notamment à propos de Sarkozy. Tour à tour odieux, cynique, drôle, blessé, mais toujours combatif, franc et direct, le personnage nous apparaît terriblement... humain. Bien loin de l'image qu'on a de lui, en fait. Moi qui pensais voir un film anti-Sarko, c'est plutôt le contraire qui m'est offert, et j'ai fini par avoir presque de l'empathie pour lui. Au contraire, de Villepin, qui apparaît comme totalement obsédé par "le nabot", est assez détestable. Mielleux, hypocrite, il est bien loin de sa hauteur d'âme et d'esprit qui transparaît publiquement. Quant à Chirac, sa relation avec Sarkozy est étrange. On sent bien qu'il ne sait pas comment s'y prendre avec lui. L'ambition et les manières de celui qui l'a trahi pour Balladur l'exaspèrent, mais d'un autre côté, il sait bien qu'il est le seul capable de lui succéder. Il se méfie mais finit par lui céder tous les outils afin qu'il devienne président. Il l'adoube, sans jamais le lui dire en face...
Un dernier mot, pour conclure, sur l'interprétation de Denis Podalydès. Dès la première scène, par sa démarche, on voit Nicolas Sarkozy. Il parvient à incarner le président sans jamais le caricaturer, que ce soit dans sa voix, sa posture, ses tics... Une performance du même accabit que celle de Xavier Demaison dans Coluche, ou Eric Elmosnino dans Gainsbourg. Et une raison de plus pour apprécier ce film...
vendredi 18 février 2011
Black Swan
C'est l'histoire d'un mec... Euh non, pour une fois, c'est l'histoire d'une fille, Nina, danseuse au New York City Ballet. Après des années passées dans un relatif anonymat, elle est choisie pour incarner le rôle principal du Lac des Cygnes. Parfaite en cygne blanc, elle est en revanche beaucoup trop réservée pour jouer le cygne noir. Face à la pression de son metteur en scène, de sa mère, et d'une autre danseuse, Nina va commencer à perdre la raison. La belle poupée de porcelaine va peu à peu se fissurer, pour laisser place à...
Ceux qui connaissent la filmographie de Darren Aronofsky (Pi, Requiem for a dream, The Fountain, The Wrestler) savent de quoi le bonhomme est capable avec une caméra. Avec Black Swan, le réalisateur américain démontre encore tout son talent. Il arrive vraiment à vous immerger dans son univers en seulement quelques plans. Ici, il met sa dextérité au service d'une entreprise loin d'être évidente : un thriller psychologique dans le milieu de la danse classique. Sur le papier, le sujet n'est pas forcément alléchant. Mais dans les faits, c'est passionnant. De la même manière qu'il avait filmé le catcheur Mickey Rourke, il filme la danseuse Natalie Portman au plus près, il danse autour d'elle. Mais contrairement aux frères Dardenne, avec Aronofsky, qui dit caméra à l'épaule ne dit pas forcément maladie de Parkinson.
Dès la première scène, on est littéralement happé par l'écran, on pénètre au coeur d'un pas de deux fantasmagorique, et pendant presque deux heures on ne va plus quitter Natalie Portman des yeux. L'actrice, qui livre ici une de ses plus belles partitions, est en effet de presque toutes les scènes. Tour à tour vibrante, rayonnante, hésitante, excitante, terrifiée et terrifiante, elle est l'héroïne du film, dans tous les sens du terme, tellement elle rend le spectateur "accro". Elle se transforme sous nos yeux, nous entraînant avec elle dans cette descente aux enfers, entre réalité et fantasme. On est heureux pour elle, on a peur pour elle, on souffre pour elle...
Portman est de plus entourée de seconds rôles tous excellents (sa mère, le metteur en scène, sa rivale), autant de personnages qui gravitent autour de la danseuse étoile, autant d'influences qui vont à la fois provoquer et subir sa transformation. Car la petite fille trop douce et réservée va peu à peu dévoiler une autre facette de sa personnalité. Le cygne noir qui se cachait bien profondément en elle va naître et s'envoler, pour permettre à Nina d'aller au bout de sa quête, jusqu'à la (destruction ?) perfection...
Ceux qui connaissent la filmographie de Darren Aronofsky (Pi, Requiem for a dream, The Fountain, The Wrestler) savent de quoi le bonhomme est capable avec une caméra. Avec Black Swan, le réalisateur américain démontre encore tout son talent. Il arrive vraiment à vous immerger dans son univers en seulement quelques plans. Ici, il met sa dextérité au service d'une entreprise loin d'être évidente : un thriller psychologique dans le milieu de la danse classique. Sur le papier, le sujet n'est pas forcément alléchant. Mais dans les faits, c'est passionnant. De la même manière qu'il avait filmé le catcheur Mickey Rourke, il filme la danseuse Natalie Portman au plus près, il danse autour d'elle. Mais contrairement aux frères Dardenne, avec Aronofsky, qui dit caméra à l'épaule ne dit pas forcément maladie de Parkinson.
Dès la première scène, on est littéralement happé par l'écran, on pénètre au coeur d'un pas de deux fantasmagorique, et pendant presque deux heures on ne va plus quitter Natalie Portman des yeux. L'actrice, qui livre ici une de ses plus belles partitions, est en effet de presque toutes les scènes. Tour à tour vibrante, rayonnante, hésitante, excitante, terrifiée et terrifiante, elle est l'héroïne du film, dans tous les sens du terme, tellement elle rend le spectateur "accro". Elle se transforme sous nos yeux, nous entraînant avec elle dans cette descente aux enfers, entre réalité et fantasme. On est heureux pour elle, on a peur pour elle, on souffre pour elle...
Portman est de plus entourée de seconds rôles tous excellents (sa mère, le metteur en scène, sa rivale), autant de personnages qui gravitent autour de la danseuse étoile, autant d'influences qui vont à la fois provoquer et subir sa transformation. Car la petite fille trop douce et réservée va peu à peu dévoiler une autre facette de sa personnalité. Le cygne noir qui se cachait bien profondément en elle va naître et s'envoler, pour permettre à Nina d'aller au bout de sa quête, jusqu'à la (destruction ?) perfection...
jeudi 13 janvier 2011
Somewhere
C'est l'histoire d'un mec, Johnny Marco, acteur célèbre, qui végète entre deux films dans le célèbre hôtel Marmont à Los Angeles. Entre soirées alcoolisées, nuits débridées, et quelques activités promotionnelles, il regarde le temps passer. Séparé de sa femme, il va devoir s'occuper de sa fille, Cleo, 11 ans, pendant quelques jours, et va retrouver à son contact le fil de sa vie.
Sofia Coppola, acte IV. Après Virgin Suicides, Lost in translation et Marie-Antoinette, la réalisatrice la plus branchée d'Hollywood nous livre son quatrième opus. Et à mon grand regret, c'est le plus mauvais. D'ailleurs, je me demande si je vais me déplacer pour le prochain, car plus ça va, moins ça va. J'avais adoré Virgin, beaucoup aimé Lost, moyennement aimé M-A, et là je me suis bien emmerdé pendant un peu plus d'1h30. Coppola filme l'ennui et nous ennuie, elle n'a rien à dire, et lorsqu'elle dit quelque chose, c'est grossièrement.
Alors certes, la musique (de son chéri Phoenix) est belle, l'image est belle, la vie est belle aussi pourrait-on dire, au pays des riches acteurs hollywoodiens. On pilote une Ferrari, on dort dans la suite d'un grand hôtel à Milan, les filles sont toutes superbes et faciles. Mais à côté de ça, quel vide ! C'est là tout le sujet du film d'ailleurs, montrer la vacuité de l'existence de cet homme de 35 ans qui vit en vase clos, coupé du monde, comme enfermé dans une bulle que sa fille va peu à peu fissurer. Est-ce suffisant ? Pas sûr... Il ne se passe donc rien dans la vie de cet acteur, infantilisé à outrance, qui va où son agent lui dit d'aller, qui ne peut rien faire seul, à part dormir et se laver, qui ne semble n'avoir rien à dire si ça n'a pas été écrit dans un scénario. D'ailleurs, lui-même finit par se rendre compte qu'il n'est rien, une fois que sa fille est repartie. Quelle révélation !
Coppola a toujours aimé jouer sur les non-dits, la subtilité. C'est encore le cas ici, où la relation entre le père et la fille est à peine esquissée, par petites touches. D'ailleurs, lorsqu'il se décide enfin à lui dire quelque chose d'important, le son de sa voix est couvert par le bruit d'un hélicoptère (preuve de leur incommunicabilité). De la même manière, c'est lorsqu'ils ne se parlent pas qu'ils sont le plus proches, comme lors de cette jolie scène dans une piscine. Mais, à côté de ces quelques moments de légèreté, la réalisatrice nous assène aussi quelques leçons de psychologie grossière. La plus symbolique concerne la scène d'ouverture et la scène de fin. Au début, Johnny pilote sa voiture sur un circuit : il tourne en rond, comme dans sa vie. A la fin, toujours au volant de sa Ferrari, il file sur la route, des lignes droites, car désormais il avance, il a un but. Il finit même par descendre de sa voiture pour continuer à pieds, signifiant ainsi qu'il s'est affranchi de toute sa vie d'avant... Merci bien madame la psy, je vous dois combien ?!
Un film sur l'ennui doit-il être ennuyeux ? Pas nécessairement, mais celui-là l'est clairement.
Sofia Coppola, acte IV. Après Virgin Suicides, Lost in translation et Marie-Antoinette, la réalisatrice la plus branchée d'Hollywood nous livre son quatrième opus. Et à mon grand regret, c'est le plus mauvais. D'ailleurs, je me demande si je vais me déplacer pour le prochain, car plus ça va, moins ça va. J'avais adoré Virgin, beaucoup aimé Lost, moyennement aimé M-A, et là je me suis bien emmerdé pendant un peu plus d'1h30. Coppola filme l'ennui et nous ennuie, elle n'a rien à dire, et lorsqu'elle dit quelque chose, c'est grossièrement.
Alors certes, la musique (de son chéri Phoenix) est belle, l'image est belle, la vie est belle aussi pourrait-on dire, au pays des riches acteurs hollywoodiens. On pilote une Ferrari, on dort dans la suite d'un grand hôtel à Milan, les filles sont toutes superbes et faciles. Mais à côté de ça, quel vide ! C'est là tout le sujet du film d'ailleurs, montrer la vacuité de l'existence de cet homme de 35 ans qui vit en vase clos, coupé du monde, comme enfermé dans une bulle que sa fille va peu à peu fissurer. Est-ce suffisant ? Pas sûr... Il ne se passe donc rien dans la vie de cet acteur, infantilisé à outrance, qui va où son agent lui dit d'aller, qui ne peut rien faire seul, à part dormir et se laver, qui ne semble n'avoir rien à dire si ça n'a pas été écrit dans un scénario. D'ailleurs, lui-même finit par se rendre compte qu'il n'est rien, une fois que sa fille est repartie. Quelle révélation !
Coppola a toujours aimé jouer sur les non-dits, la subtilité. C'est encore le cas ici, où la relation entre le père et la fille est à peine esquissée, par petites touches. D'ailleurs, lorsqu'il se décide enfin à lui dire quelque chose d'important, le son de sa voix est couvert par le bruit d'un hélicoptère (preuve de leur incommunicabilité). De la même manière, c'est lorsqu'ils ne se parlent pas qu'ils sont le plus proches, comme lors de cette jolie scène dans une piscine. Mais, à côté de ces quelques moments de légèreté, la réalisatrice nous assène aussi quelques leçons de psychologie grossière. La plus symbolique concerne la scène d'ouverture et la scène de fin. Au début, Johnny pilote sa voiture sur un circuit : il tourne en rond, comme dans sa vie. A la fin, toujours au volant de sa Ferrari, il file sur la route, des lignes droites, car désormais il avance, il a un but. Il finit même par descendre de sa voiture pour continuer à pieds, signifiant ainsi qu'il s'est affranchi de toute sa vie d'avant... Merci bien madame la psy, je vous dois combien ?!
Un film sur l'ennui doit-il être ennuyeux ? Pas nécessairement, mais celui-là l'est clairement.
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