dimanche 17 janvier 2016

Une année de cinéma (2015)

2015 a été globalement une année merdique, mais, au moins, de temps en temps, le cinéma nous a offert quelques instants de répit, de bonheur, d'émotions, d'humour, d'action... Ayant vu plus de 140 films, j'ai eu du mal à n'en choisir que dix dans chaque catégorie...

Top 12:

1. Sicario: Une leçon de mise en scène, des acteurs au top, un scénario très bien ficelé. Que demande le peuple?

2. The Imitation Game: Le destin d'un inconnu qui a changé la face du monde. Interprétation magique de Benedict Cumberbatch.

3. Mad Max: George Miller renouvelle le mythe et donne une leçon de cinéma d'action à des réalisateurs bien plus jeunes que lui.

4. Star Wars: Je n'ai jamais été un grand fan de la saga, mais JJ Abrams a su lui redonner du souffle, en mariant les anciens avec les nouveaux héros, comme il l'avait fait avec Star trek.

5. Vice Versa: Pas le meilleur Pixar, mais sans doute le meilleur dessin animé de l'année.

6. Seul sur Mars: A 77 ans, Scott prouve qu'il sait encore passionner et nous faire voyager dans l'espace, et qu'il sait être drôle, aussi.

7. Les Nouveaux Héros: Virevoltant dans les scènes d'action, émouvant dans les scènes de dialogue. Impossible de ne pas craquer pour Baymax.

8. Le Pont Des Espions: Classique mais efficace. Hanks est génial, comme d'habitude.

9. Le Labyrinthe du silence: Une leçon d'histoire poignante et réaliste. Un film qu'on devrait montrer à tous les écoliers d'Allemagne, voire du monde.

10. Mustang: Juste, touchant, effrayant, une petite perle du cinéma turc.

11. Le Fils De Saul: Une immersion poignante au coeur du camp d'Auschwitz-Birkenau. L'horreur n'est jamais montrée, on n'en ressort pas indemne pour autant.

12. Everest: Un Gravity dans l'Himalaya, aussi passionnant et immersif que son équivalent dans l'espace.


Flop 12:

1. Birdman: De la vacuité, des effets de manche, il y a des gens qui s'écoutent parler, Inarritu se regarde filmer.

2. Le Tout Nouveau Testament: Vouloir (faire) rire de la religion est une intention louable. Mais le mièvre et le kitsch sont rarement amusants.

3. Connasse: Tout est dans le titre!

4. Pourquoi j'ai pas mangé son père: Comme souvent dans les comédies françaises, toutes les scènes drôles étaient dans la bande-annonce.

5. Les Minions: Se dispute le titre de plus mauvais dessin animé de l'année avec Hôtel Transylvanie 2.

6. Babysitting 2: Ça aurait été sans doute beaucoup mieux si ça avait été drôle.

7. Macbeth: Euh c'est à dire que, comment exprimer ce que j'ai ressenti pendant deux heures sans être trop désagréable? Les acteurs sont formidables!

8. Fast and Furious 7: Trop c'est trop! Même si la disparition de Paul Walker apporte de l'émotion, c'est vraiment du grand n'importe quoi.

9. Lost River: Beaucoup trop référencé, et pas assez passionnant. C'est souvent beau, mais souvent inintéressant.

10. Un Homme idéal: A force d'enchaîner les scènes qui manquent de crédibilité, on finit par lâcher le héros et son histoire.

11. Jupiter (Le Destin de L'Univers): Un méchant de pacotille, des effets spéciaux parfois dégoulinants de mocheté, les Wachowski manquent leur coup avec leur space opera.

12. Ted 2: Autant le premier était drôle, autant celui-là est loupé.

mardi 20 janvier 2015

Une année de cinéma (2014)

Janvier, ses bonnes résolutions, sa Galette des rois, mais aussi ses top/flop ciné de l'année passée. Sur les 121 films que j'ai vus en 2014, j'ai sélectionné les dix meilleurs, et les dix plus mauvais. Selon mon humble avis bien entendu...

Top 10 :
1. Edge of Tomorrow : Un blockbuster passionnant, drôle, et qui fait réfléchir en plus. Que demande le peuple ?
2. Interstellar : On comprend pas tout mais qu'importe, ce qui compte le plus, c'est le voyage...
3. New York Melody : La comédie presque romantique mais pas trop de l'année. Avec le minois tout mignon de Keira Knightley
4. The Grand Budapest Hotel : L'univers toujours aussi fou de Wes Anderson, en même temps que son film le plus accessible. Ou comment évoluer en restant soi même...
5. Dallas Buyers Club : Sans jamais sombrer dans le pathos ou le mélo, JM Vallée nous conte une histoire vraie, et Matthew McConaughey trouve un de ses plus beaux rôles
6. Her : Une romance d'un nouveau genre, futuriste tout en étant très actuelle. La voix de Scarlett Johansson est envoûtante
7. Gone Girl : La maîtrise de David Fincher au service de la destruction du rêve américain
8. The lunchbox : Du cinéma indien frais et touchant, pimenté juste ce qu'il faut
9. Deux jours, une nuit : Si si, Marion Cotillard est une très bonne actrice
10. Du sang et des larmes : Une plongée au coeur de l'armée. Spectaculaire, intense et effrayant.

Flop 10 :

1. Lucy : Luc Besson à son pire ! Les 30 premières minutes sont regardables, le reste est insupportable.
2. Le Hobbit : La Bataille des cinq armées : Faire trois films à partir du Hobbit, une excellente idée marketing, une très mauvaise idée artistique. Ce troisième épisode est moche et ennuyeux alors qu'il ne dure que 2h20.
3. Monuments Men : Une excellente idée sur le papier qui ne donne rien sur pellicule. Plat, assommant, même les acteurs n'ont pas l'air d'y croire.
4. La Grande aventure Lego : Un gros délire animé qui part dans tous les sens et ne s'arrête jamais. Epuisant.
5. The Ryan Initiative : Donner une seconde vie à Jack Ryan, pourquoi pas, mais un peu plus de crédibilité et un peu moins de mélo aurait été préférable
6. Le Crocodile du Bostwanga : Une comédie, c'est quand même mieux quand c'est drôle
7. Grace de Monaco : Une biographie papier glacée qui n'émeut pas, ni ne passionne
8. 3 Days to kill : Le prototype même du Luc Besson movie. Même Kevin Costner n'arrive pas à sauver les meubles
9. The Salvation : Un western made in Danemark qui reprend malheureusement tous les clichés éculés du genre.
10. Astérix : Le Domaine des Dieux : Quand l'esprit d'Astérix rencontre celui de Kammelott. Mais la mayonnaise ne prend pas totalement, et les adultes s'ennuient...

vendredi 3 janvier 2014

Une année de cinéma (2013)

Ayant vu 129 films en 2013, il n'était pas évident de faire un top/flop 10. C'est donc après un intense brainstorming que j'ai dressé ces deux listes...

Top 10 :
1. Django Unchained : Des dialogues mordants, de l'action trépidante, un sujet fort, des acteurs génialissimes : Tarantino at his best !
2. Gravity : Certes, un scénario un peu facile et balisé, mais une expérience sensorielle unique, et une 3D qui sert à quelque chose.
3. Le Monde de Charlie : Un film touchant, émouvant, drôle aussi. Rarement l'adolescence a été aussi bien racontée au cinéma.
4. Pacific Rim : Un rêve de gosse qui prend forme sous nos yeux ! C'est beau, palpitant, éreintant aussi, et pas dénué de défauts. Mais on les lui pardonne...
5. Iron Man 3 : De l'action, de l'ironie, du second degré, Downey Jr qui cabotine pour notre plus grand plaisir. Le loupé du n°2 est pardonné.
6. Mud : Qui a dit que Matthew McConaughey n'était pas un bon acteur ? Et il n'est qu'un des nombreux atouts de ce film indé qui a du coeur et des tripes.
7. Tel père, tel fils : Une version japonaise et beaucoup plus "dramatique" de La Vie est un long fleuve tranquille. Un film où les sentiments affleurent au lieu de s'exprimer, mais qui ne manque pas d'émouvoir et de faire réfléchir.
8. Cloud Atlas : Film inclassable, à la fois romance, science-fiction, anticipation. L'univers complètement déjanté des Wachowski agace et émerveille.
9. Warm Bodies : Une comédie romantique à la sauce zombie : drôle, touchant, palpitant... Ça donnerait presque envie d'être un mort-vivant.
10. Il était temps : Et si la comédie romantique de l'année était aussi un film de science-fiction...

Mention spéciale à Rush, Jeune et jolie, Le Passé, Oblivion, Les Croods, The Place beyond the pines, Flight, Happiness Therapy, Zero Dark Thirty, Prisoners, Inside Llewyn Davis, La Cage dorée et Capitaine Phillips.


Flop 10 :
1. Les Salauds : Le cinéma d'auteur français chiant à son paroxysme : abscons, inintéressant, moche, sale, beurk !
2. L'écume des jours : Le roman était censé être inadaptable, Gondry aurait peut-être dû s'abstenir. Ses artifices et gadgets de mise en scène lui font oublier qu'il a aussi des acteurs à diriger.
3. Tip Top : Le cinéma d'auteur français à son paroxysme : abscons, inintéressant, pas drôle, beurk !
4. Only God Forgives : Après Drive, on attendait forcément beaucoup de la nouvelle collaboration Refn/Gosling. La déception est donc à la hauteur de l'attente. Faire de belles images, c'est bien, en faire un film, c'est mieux.
5. The Bling Ring : Sofia Coppola adore filmer l'ennui et le néant. Si seulement ces films pouvaient ne pas nous laisser cette impression...
6. Fast and Furious 6 : Autant le n°5 avait un charme indéniable, autant le n°6 est un ratage complet ! Beaucoup d'action, mais sans contrôle ni scenario, la puissance n'est rien.
7. Cartel : Ça bavarde comme dans du Tarantino mais c'est incompréhensible, ça castagne comme dans du Tarantino mais c'est beaucoup moins trépidant. Louper un film avec un tel casting, c'est un crime de lèse-majesté.
8. Casse-tête chinois : Artificiel et conformiste : les aventures de Xavier ont perdu de leur saveur. Un film qui donne beaucoup plus envie d'aller à New York que d'avoir 40 ans.
9. Die Hard 5 : Comment rendre la franchise la plus cool du film d'action aussi ringarde qu'un film de série B.
10. Les Amants passagers : Une comédie, c'est quand même mieux quand ça fait rire...

Mention spéciale à Week-end royal, Spring Breakers, Very Bad Trip 3, Gangster Squad, Trance, Lincoln, Monstres Academy, Don Jon et Passion

Prix Spécial du Jury : La Vie d'Adèle
Le film polémique de l'année. Difficile d'émettre un jugement clair et net. Adèle sauve le film et quoi qu'il en soit, ça ne méritait pas tout ce tohu-bohu.

mercredi 11 septembre 2013

Comme à la maison

Dernière séance, un lundi soir à la Défense, de "Tirez la langue, mademoiselle", je ne m'attendais pas à ce que la salle soit blindée, mais je ne m'attendais pas non plus à ce qu'elle soit... totalement vide.
Etant arrivé au début des bandes-annonces, je me suis dit qu'il y avait encore du temps pour que des compagnons de jeu me rejoignent. Mais lorsque le film a commencé, j'ai bien dû me rendre à l'évidence : j'allais passer 1h45 en tête à tête avec Louise Bourgoin, et les autres acteurs du film, malheureusement...
Par habitude, je me suis mis sur le bord d'une rangée, mais j'aurais pu (du ?) me mettre bien au centre.

Je n'ai pas trouvé le film exceptionnel, mais je l'ai préféré au premier d'Axelle Ropert, la Famille Wolberg. Disons que c'était du cinéma d'auteur français pas trop chiant, pour une fois.
Et puis dans cette drôle d'ambiance, c'est un peu difficile d'entrer dans le film, mine de rien.
Le gros avantage, c'est que je n'ai été dérangé ni par les mangeurs de popcorn, ni par les spectateurs qui parlent trop fort ou consultent leur smartphone toutes les 5 minutes.
Au moment du générique de fin, je me suis aperçu, mais trop tard, que si j'avais passé 30 secondes dans chaque fauteuil, j'aurais pu tous les essayer, sans gêner personne. Comme à la maison.

jeudi 17 janvier 2013

Une année de cinéma (2012)

Avec un peu de retard (toutes mes confuses), je livre mon bilan ciné de l'année 2012. Ayant vu beaucoup de films (113) j'ai décidé de faire un Top 15 et un Flop 15... Le choix de mon n°1 (Ted) peut surprendre mais c'est simplement parce que j'ai adoré ce film qui a réussi à me faire hurler de rire et à faire couler quelques larmes en même temps, et que contrairement à d'autres (The Dark Knight, Prometheus...) dont j'attendais beaucoup, il ne m'a pas déçu. 

Top 15 :
1. Ted : Drôle et émouvant à la fois, un Toy Story pour de vrai !
2. Argo : Ben Affleck confirme son talent de réalisateur et de storyteller. Une dernière demi-heure haletante !
3. Cheval de guerre : Arriver à m'émouvoir avec le destin d'un canasson, chapeau Steven !
4. Le Territoire des loups : Du survival movie qui prend aux tripes du début à la fin.
5. De Rouille et d'Os : Deux acteurs au top, un scénario fort, une leçon de mise en scène.
6. The Amazing Spider-Man : Un reboot qui égale voire surpasse l'original.
7. Starbuck : Canadien, frais, hilarant...
8. Take Shelter : Perturbant, dérangeant, oppressant.
9. Les cinq légendes : Splendide visuellement, un scénario intelligent, du niveau de Dragons.
10. Radiostars : La comédie française de l'année !
11. Battleship : Du cinéma pop corn certes, mais avec tout de même de l'intelligence et de l'ironie dedans.
12. Le Hobbit : Copié-collé de la Communauté de l'Anneau, mais ça marche quand même. Gollum est terrifiant !
13. La Taupe : Austère, sobre, à l'opposé d'un James Bond, mais captivant de bout en bout.
14. Les enfants loups : L'animation japonaise à son sommet.
15. Margin Call : Une nuit dans les pas d'une équipe de traders avant le crash. C'est bien plus passionnant que n'importe quel cours d'économie.

Bonus Tracks :
The Dark Knight Rises
Skyfall
Men in Black 3
Prometheus
Dans la maison
John Carter
Hunger Games
Les Adieux à la reine
Avengers
Une nuit
Sécurité rapprochée
Detachment
Extrêmement fort et incroyablement près
Projet X
La Dame en noir
Le Prénom
Nouveau départ
Adieu Berthe
Looper
Sinister
Comme des frères
Royal Affair
L'odyssée de Pi


Flop 15 :
1. La vie d'une autre : Binoche en fait des tonnes, Kassovitz se demande ce qu'il fait là, et les spectateurs aussi.
2. Rengaine : Le réalisateur a mis près de dix ans à le sortir. Il aurait peut-être dû s'abstenir...
3. Cosmopolis : Abscons, incompréhensible, ennuyant.
4. Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté : Rendez-nous Alain Chabat !
5. Le grand Soir : Dénoncer c'est bien, avoir quelque chose à dire, c'est mieux !
6. La Dame de fer : Le personnage était fort, son biopic est totalement insipide.
7. La Vérité si je mens 3 / Rec 3 : Pourvu qu'ils n'en fassent pas un quatrième...
8. Resident Evil : Retribution : Pourvu qu'ils n'en fassent pas un sixième...
9. 2 days in New York : Tellement loin de la fraîcheur et de l'humour du premier.
10. Paris-Manhattan : Alice et Patrick sont dans une galère...
11. J. Edgar : c'est long, boursouflé, inintéressant.
12. Dépression et des potes : l'anti-comédie de l'année.
13. Twilight 5 : Une demi-heure de cinéma peut-elle sauver cinq navets ?
14. Sherlock Holmes 2 : A l'image d'Iron Man 2, plus de moyens et d'ambition, mais bien plus pénible à regarder.
15. L'amour dure trois ans : Encore une preuve que les écrivains ne sont pas des réalisateurs...

Bonus Tracks :
To Rome With Love
L'Age de glace 4
The Dictator
Total Recall
Young adult
Les Infidèles
Sur la piste du Marsupilami

vendredi 4 janvier 2013

Les critères de l'amour

Vous êtes en couple, et vous vous demandez si votre partenaire, votre concubine, celle qui partage vos jours et vos nuits, pourrait être la bonne, l'élue, The One ! Voici quelques critères, infaillibles bien évidemment, qui vous permettront de répondre à cette question et de déterminer si elle est la femme de votre vie, ou pas.
Il y a dix critères, mettez une note sur 10 à chacun et faites le calcul ! A vous ensuite de déterminer quelle note minimum elle doit obtenir avant de faire votre proposition...

Ecoute : Est-elle présente auprès de vous pour vous écouter parler de votre vie, vos joies, vos peines, vos problèmes ? Cherche-t-elle à trouver des solutions avec vous ?
Attention : Fait-elle attention à vous, à qui vous êtes, à ce que vous faites, à vos désirs, à ce que vous aimez, à ce qui vous fait plaisir ?
Initiative : Est-ce qu'elle propose des activités, des sorties ou bien se repose-t-elle toujours sur vous, attend-t-elle que tout vienne de vous ?
Sexe : Etes-vous compatibles l'un avec l'autre sous une couette ? Vous donne-t-elle du plaisir ? A-t-elle l'esprit ouvert à de nouvelles pratiques ?
Séduction : Cherche-t-elle à vous plaire, à vous séduire, à entretenir le désir et l'amour ?
Générosité : Est-ce qu'elle paye de temps en temps au resto, est-ce qu'elle vous fait des cadeaux ?
Vie sociale : A-t-elle le contact facile ou bien est-elle au contraire introvertie, renfermée sur elle-même ? Est-elle à l'aise avec vos amis, votre famille ?
Intérêts communs : Est-ce que vous partagez des hobbys, des passions ? Est-ce que vous avez des goûts en commun ?
Psycho : A-t-elle des problèmes psychologiques, des névroses, concernant sa vie, son physique, son travail, sa famille ?
Famille : Est-ce que futur beau-papa et future belle-maman sont sympathiques avec vous ? Est-ce que les éventuels frères et soeurs vous ont accepté ?

Bien évidemment, ces différents critères ne prennent pas en compte tout ce qui est inquantifiable en amour...

dimanche 1 janvier 2012

Une année de cinéma (2011)

Comme l'an dernier, je me suis amusé à tirer un bilan de mon année cinéma. Parmi les 120 films environ que j'ai vus, lesquels m'ont plu, lesquels m'ont déplu... Voici donc le Top 15 et le Flop 15 de 2011 !! Bien évidemment, c'est purement subjectif et source de débats infinis :-)

Top 15 :
1. Black Swan (Natalie - Darren, le duo magique de 2011)
2. Les Chemins de la liberté (Du grand spectacle digne de Master and Commander, bravo Peter)
3. Drive (Mise en scène de ouf, acteur de ouf, BO de ouf !)
4. Le Discours d'un roi (Une page d'histoire méconnue servie par des acteurs excellents)
5. L'Aigle de la 9e légion (De l'amitié, de l'aventure, de l'action ! Même Channing Tatum est bon, un exploit)
6. Intouchables (Drôle, pas larmoyant pour un sou. Cluzet au top comme d'hab, Omar Sy la révélation)
7. Une séparation (C'est iranien et universel à la fois. Un thriller psychologique tout en finesse)
8. Killing Bono (Un vent de fraîcheur sur les films musicaux. Une BO à tomber et des acteurs idoines)
9. We need to talk about Kevin (Tellement réaliste et tellement terrifiant. A vous couper l'envie de faire des enfants)
10. La Planète des singes (Le meilleur blockbuster américain de l'année. Réfléchi, et pour une fois, les effets spéciaux servent le récit)
11. Crazy, stupid, love (Un subtil mélange d'humour et d'émotion, toujours juste, jamais racoleur)
12. Le Complexe du castor (Un traité psychologique sur les relations père-fils, un auto-portrait de Mel Gibson)
13. Fighter (Deux frères, deux boxeurs, deux destins, encore un excellent film de boxe) / Warrior (Deux frères, deux boxeurs, deux destins, encore un excellent film de boxe)
14. Présumé coupable (Une lente mais profonde descente aux enfers d'un homme innocent. Captivant et consternant)
15. Poupoupidou (C'est loufoque et glacé, un petit régal)

Bonus tracks :
Fast and Furious 5
Les Femmes du 6e étage
The Company Men
Source Code
L'Agence
Raiponce
Comment savoir
True Grit
Sans identité
Une pure affaire
127 Heures
Tous les soleils
Rango
Winter's bone
Morning Glory
Voir la mer
Animal Kingdom
La Conquête
La Défense Lincoln
X-Men, le Commencement
Limitless
Omar m'a tuer
The Murderer
J'ai rencontré le diable
Mes meilleures amies
Restless
The Artist
The Thing
Real Steel
Les Marches du pouvoir
Polisse
Carnage
Mission : Impossible 4

Flop 15 :
1. Somewhere (Un film sur l'ennui qui ennuie)
2. The Tree of life (C'est beau mais vide)
3. Cars 2 (Le premier loupé de Pixar en plus de 25 ans. On leur pardonne ?)
4. Pirates des Caraïbes 4 (Pitié, merci de ne pas faire de 5e numéro)
5. Au-delà (Après Invictus, un deuxième loupé de suite pour Eastwood)
6. Transformers 3 (Pitié, merci de ne pas faire de 4e numéro)
7. Le Marquis (La comédie française la plus cheap depuis longtemps, à tous les points de vue)
8. Rien à déclarer (Dany Boon tente de refaire le coup des Ch'tis, mais ce coup-ci, c'est loupé)
9. Ma part du gâteau (Ça part bien, et puis ça vire au n'importe quoi sur la fin. Klapisch passe à côté)
10. Hollywoo (Prenez deux des comiques français les plus drôles, servez-leur un scénario de merde, et surtout ne riez pas)
11. Harry Potter et les reliques de la mort parties 1 et 2 (Enfin, c'est fini ! On peut passer à autre chose !)
12. Scream 4 (Bouh ! Même pas peur !)
13. La Guerre est déclarée (Le type même de film qu'il est interdit de ne pas aimer, mais un peu plus de cinéma dedans, ça aurait été bien)
14. Very Bad Trip 2 (Copie presque conforme du premier, sauf qu'on rit beaucoup moins)
15. La Piel que habito (Organique mais froid. N'est pas Cronenberg qui veut)
 
Bonus tracks :
L'Assaut
Sexfriends
Sucker Punch
Bon à tirer
Thor
Tomboy
Le Gamin au vélo
Insidious
Kung Fu Panda 2
Super 8
Melancholia
The Green Lantern
Captain America
Cowboys et envahisseurs
Un heureux événement
Les Aventures de Tintin
Contagion
Mon pire cauchemar
Time out
Le chat potté

mardi 9 août 2011

Super 8 vs Les Goonies

C'est l'histoire d'un mec, enfin d'un petit garçon, Joe, qui vit en 1979 dans un bled de l'Ohio, qui vient de perdre sa mère dans un tragique accident et qui passe ses vacances d'été à tourner un film de zombies en super 8 avec ses copains, au grand désarroi de son père qui préférerait l'envoyer en camp d'été. Un soir, lors du tournage d'une scène dans une gare, ils assistent à l'accident d'un train militaire, dont parvient à s'évader une entité d'origine non déterminée. Bientôt, des événements tragiques inexpliqués surviennent dans la ville, et les gamins vont essayer de découvrir ce qu'il se passe...

Flashback : 1985, les Goonies sortent au cinéma. Un film d'aventures écrit par Chris Columbus, réalisé par Richard Donner et produit par Steven Spielberg, excusez du peu. L'histoire d'un groupe de gamins qui vont partir à la recherche d'un trésor afin de sauver leurs maisons menacées par des promoteurs immobiliers. Sur leur route, ils vont croiser des gangsters pas très malins, le pirate Willie le Borgne et Cynoque... Vingt-cinq ans après, J. J. Abrams rend hommage au cinéma de Spielberg en sortant son Gonnies à lui, teinté d'une pointe d'E.T. et de Rencontres du troisième type. Forcément, n'ayant plus 13 ans, Super 8 ne m'a pas fait le même effet que les Gonnies, même si j'ai passé un bon moment. D'ailleurs, je ne pense pas que les ados qui ont vu Super 8 s'en souviendront dans 20 ans avec la même tendresse que j'ai pour les Goonies. Super 8 ne deviendra certainement pas aussi culte, ne marquera pas sa génération de la même manière...


Plutôt que de me livrer à une critique poussée du film de Abrams, j'ai préféré m'amuser à comparer les deux films, histoire de démontrer à quel point les deux époques (1985 et 2010) sont différentes et comment chaque génération a, au fond, le film d'aventures qu'elle mérite.
- Le contexte : Dans les Goonies, il est altruiste et symbolique. Tous les enfants vivent dans le même quartier et des promoteurs veulent le détruire pour construire un parcours de golf. Face à l'immobilisme de leurs parents, les gamins vont essayer de trouver une solution pour sauver leurs maisons. Dans Super 8, quatre garçons réalisent un film de zombies en super 8, sous l'autorité d'un réalisateur légèrement tyrannique qui veut le présenter à un festival. Il va inviter une fille à se joindre à eux car elle lui plaît, mais elle va finir dans les bras d'un de ses camarades. En bref, beaucoup moins de générosité...
 
- Les héros : Un chef de bande timide et pas sûr de lui, un bavard, un chinois fan de gadgets, un gourmand un peu beaucoup enveloppé (Choco !), un grand frère qui veut jouer les chefs, une jolie fille et sa copine casse couilles, dans les Goonies, il y en a pour tous les goûts, et toutes les "minorités" sont représentées. Et même si ça chambre et ça s'engueule parfois, c'est l'humour et la décontraction qui dominent. Dans Super 8, on trouve donc le réalisateur, un peu grassouillet, qui a tendance à crier sur tout le monde, le "héros", qui essaye de se remettre du décès de sa mère et de gérer un père qui ne s'est jamais occupé de lui, un fan de pétards et d'explosifs qui veut tout faire sauter et un grand dadais un peu bête qui joue l'acteur principal du film. Ils sont rapidement rejoints par une jolie blonde introvertie qui est liée à Joe par un secret de famille, pourrait-on dire. Ils sont moins nombreux que dans les Goonies, moins hétéroclites, moins charmants, moins touchants. En bref, beaucoup moins d'empathie...

- Les méchants : Le succès des Goonies est indissociable des frères Fratelli. Dans cette famille de gangsters d'ascendance italienne, on trouve la mère, la Mama, aussi caractérielle que vénale, Francis, le plus intelligent et le plus machiavélique, Jake, qui vient de s'évader de prison et qui adore chanter en italien, et Lotney, aussi surnommé Cynoque, difforme à la suite d'un accident de berceau (!), enfermé à la cave, maltraité par ses frères, et qui va rejoindre la cause des Goonies après être devenu ami avec Choco. Une bande de pieds nickelés donc, qui sont dramatiquement mauvais dans ce qu'ils font, le banditisme, mais qu'on ne peut pas s'empêcher, du coup, d'aimer un peu, tellement ils sont délicieusement amusants. Dans Super 8, les méchants sont un peu plus professionnels puisque ce sont des militaires américains, armés jusqu'aux dents, qui vont réduire cette paisible bourgade de l'Ohio en champs de guerre. Menés par le désagréable colonel Nelec, ils ne vont pas faire dans la dentelle pour retrouver l'entité qui s'est échappée, quitte à utiliser des méthodes pas foncièrement humanistes. En bref, beaucoup moins de douceur dans ce monde de brutes...

- La quête : D'un côté, les Goonies vont partir, aidés d'une carte, à la recherche d'un trésor, celui de Willie le Borgne, un pirate légendaire. Après bien des aventures, dont l'emprisonnement puis la libération de Choco, les enfants vont finir par mettre la main sur le navire de Willie et ses montagnes d'or et de pierres précieuses. Mikey, le héros un peu chétif et malade, va réussir à en chiper quelques-unes, ce qui lui permettra de sauver son quartier. Par la même occasion, et comme tous ses camarades, il va apprendre à avoir confiance en lui et va faire un bond dans l'âge adulte, tout en gardant son âme d'enfant. De l'autre côté, les enfants de Super 8 cherchent eux à réaliser leur film, c'est leur motivation première, et se retrouvent pris au piège, comme tous les autres habitants de la ville, des destructions et morts qui se succèdent. Et puis, quand la jolie blonde se fait enlever par la "bête", ils vont essayer d'aller la libérer, jusqu'à aider la bête elle-même, retenue sur Terre, à se libérer. Leur quête, égoïste au commencement, va donc peu à peu se tourner vers les autres... Mais, en bref, beaucoup moins d'altruisme...

En conclusion, les deux films sont bien caractéristiques de leur époque, celle de leur tournage, car Super 8 se déroule en 1979, soit avant les Goonies. D'un côté, des héros touchants, des méchants grotesques, une chasse au trésor comme tout gamin en a rêvé un jour ; de l'autre, des héros un peu pénibles (surtout un !), des méchants... bien méchants et un Alien atrocement moche et terriblement destructeur. En bref, il valait mieux être ado en 1985 qu'en 2010 !

vendredi 5 août 2011

Le compteur de l'amour

A chaque fois qu'on commence une relation sentimentale, on ouvre un compteur de l'amour. Prenons un exemple concret. Je rencontre une fille, par quelconque intermédiaire (hasard, dans la rue, en boîte, sur le net, un ami commun) ; elle me plaît : heureux hasard, l'attirance est mutuelle ; nous nous revoyons ; nous nous embrassons ; nous nous revoyons encore ; nous nous embrassons tout nus ; nous débutons une relation...
A ce moment-là, chacun de notre côté, nous ouvrons donc notre compteur de l'amour, qui contient dès le début un certain nombre de points. Selon notre passé, notre rancoeur envers le sexe opposé, la durée de notre célibat, notre état d'esprit au moment de la rencontre et d'autres critères plus ou moins bien définis et universels, ce nombre peut différer. Elle et moi ne partons pas à égalité (mais bon si l'égalité existait en amour, ça se saurait...). Bien sûr, certains événements peuvent apporter un bonus, comme un coup de foudre par exemple. C'est important pour la suite, on va le voir...

Car voilà, désormais que la relation a pris son envol, ce compteur va évoluer, bien évidemment. Là aussi, pas forcément de la même manière pour les deux partenaires, c'est logique. Selon où l'on se place, on ne vit pas la relation de la même manière, on n'évolue pas à la même vitesse et ce qui peut paraître positif à l'un sera tout à fait négatif pour l'autre.
Donc, qu'est-ce qui fait augmenter le compteur, qu'est-ce qui le fait diminuer ? Voici quelques exemples, cette liste étant bien sûr non exhaustive...
Si vous êtes un homme :
Vous ne vous rasez pas pendant plusieurs jours, +15 points.
Vous oubliez fréquemment de rabattre l'abattant des toilettes, -10 points.
Votre partenaire a un orgasme, +100 points.
Vous matez les seins d'une jolie fille dans la rue, -15 points.
Vous avez encore oublié de fermer le tube de dentifrice, -5 points (ça n'arrive qu'aux hommes bien sûr).
Vous avez oublié l'anniversaire de votre rencontre, -500 points.
Vous préférez passer une soirée avec vos amis qu'avec votre moitié, -100 points.
Vous ne savez pas qui est Christian Louboutin, -20 points.
Vous ne savez pas qui est Leo Messi, +20 points.
Vous préférez Modigliani à Ferrari, +20 points.
Vous avez laissé traîner vos chaussettes au pied du lit, -5 points (ça n'arrive qu'aux hommes bien sûr).
Vous arrivez en retard à un rendez-vous, -20 points.
Vous fantasmez sur Natalie Portman, -50 points.
Vous proposez un plan à trois (avec deux filles), -100 points.
On peut donc voir que le meilleur moyen pour faire monter son compteur est de donner du plaisir à sa partenaire. Pour le reste...

Si vous êtes une femme :
Vous ne vous épilez pas pendant plusieurs semaines, -30 points.
Votre partenaire a un orgasme, +15 points.
Vous matez les seins d'une jolie fille dans la rue, +15 points.
Vous avez oublié l'anniversaire de votre rencontre, -10 points.
Vous préférez passer une soirée avec vos amis qu'avec votre moitié, +/-0 point.
Vous ne savez pas qui est Christian Louboutin, +20 points.
Vous ne savez pas qui est Leo Messi, -20 points.
Vous préférez Modigliani à Ferrari, -10 points.
Vous arrivez en retard à un rendez-vous, -10 points.
Vous fantasmez sur Orlando Bloom, -50 points.
Vous acceptez un plan à trois (avec deux filles), +200 points

Lorsque le compteur arrive à zéro, logiquement c'est la rupture. Logiquement, car certains aiment bien se quitter pour se reprendre quelques heures (jours, semaines ?) après. Ou alors, celui (ou celle) qui est quitté(e) va réussir à convaincre l'autre de laisser une autre (dernière ?) chance à leur histoire. Bref, la fin n'est pas forcément la fin, mais le plus souvent elle l'est.
A l'inverse, lorsque le compteur arrive à, je ne sais pas, disons 2000 points, c'est le Pacs ; à 5000 points, c'est le mariage ; à 10000 points, c'est le premier enfant (sauf s'il a été fait avant le mariage) ; etc... Jusqu'à ce que la mort nous sépare. Enfin normalement, car il peut encore se passer bien des choses dans la vie d'un couple, même lorsqu'il est soudé par certains liens...

jeudi 30 juin 2011

Et toi, t'es sportif ou intello ?

En lisant mon Télérama hebdomadaire, j'ai souri aux commentaires présentant chaque étape du Tour de France, qui débute samedi. Exemple, pour le Prologue : «C'est beau, un peloton qui s'ébroue dans les embruns. Bienvenue en Vendée pour le départ du grand calvaire, pardon, de la grande boucle. 3430,5 km, 21 étapes et des véhicules sans moteur. Chouette.» 
Oui, à la première lecture j'ai souri, car c'est bien écrit et assez ironique. Et puis en y réfléchissant, je me suis dit que ce n'était pas la première fois que je lisais un tel commentaire sur du sport dans ce magazine. C'est un peu une habitude chez eux de railler tout ce qui touche aux différentes compétitions sportives diffusées sur les multiples chaînes de télévision, et tous ceux qui aiment les suivre. Et en y réfléchissant un peu plus, j'ai trouvé ça limite vexant, et je me suis senti attaqué dans ma nature de sportif... cultivé. Car n'en déplaise à ces chers journalistes de Télérama, magazine que j'apprécie par ailleurs lorsqu'il ne se la joue pas trop intellectuel-bobo, on peut tout à la fois aimer le sport et les arts. Rien ne s'y oppose. En tout cas chez moi.

Je lis Dostoïevski et je regarde des Grands Prix de F1, je suis ému à la fois par le Requiem de Mozart et par un 100 m d'Usain Bolt, je suis aussi à l'aise dans un musée que dans un stade de foot, je suis abonné à Télérama et manque rarement un numéro de L'Equipe Magazine...

Mais tout ceci a commencé très jeune. Quand j'étais petit, on m'opposait, moi le sportif, à mon frère, l'intello. Il prenait des cours de piano et moi de tennis, alors forcément... Cela a continué, plus tard. Même si j'étais loin d'être un mauvais élève, je n'ai jamais été de son niveau, mais je continuais à jouer au tennis ! En "vieillissant", nous nous sommes équilibrés lui et moi, je me suis "cultivé", il s'est "musclé"... Et aujourd'hui, c'est lui qui est inscrit dans une salle de sport et c'est moi qui traîne dans les musées ! Comme quoi...
Comme quoi cette dichotomie est stupide, un peu comme celle qui veut que les garçons jouent aux petites voitures et les filles à la poupée. Je revendique donc haut et fort ma culture artistique et sportive ! Et je crie Vive l'éclectisme, à bas les préjugés ! Mais je reste quand même abonné à Télérama, même s'ils craignent parfois, faut pas déconner...

dimanche 5 juin 2011

La Conquête

C'est l'histoire d'un mec, Nicolas S., qui depuis trente ans ne pense qu'à une seule chose : devenir Président de la République. De 2002 à 2007, du ministère de l'Intérieur à celui du Budget, en passant par le QG de l'UMP, l'ancien maire de Neuilly va peu à peu tisser la toile qui va le porter jusqu'aux plus hautes fonctions de l'Etat. Mais, alors que sa vie professionnelle resplendit, sa vie personnelle tourne au désastre...

Il est rare que le cinéma français s'attaque à la politique. Il est encore plus rare (unique ?) que la fiction évoque un président encore en exercice. Certes, La Conquête ne raconte pas le quinquennat de Nicolas Sarkozy mais comment il est arrivé à l'Elysée. Il n'empêche, un tel vent de fraîcheur, et une telle "insolence", font plaisir à voir. Pendant près de deux heures, Xavier Durringer, connu jusqu'ici pour... pas grand-chose (J'irai au paradis car l'enfer est ici, Chok Dee) nous fait pénétrer dans les coulisses du pouvoir, ses grandes manoeuvres et ses petites phrases assassines, ses alliances et ses trahisons. Et il nous raconte comment le "nabot", comme le surnomment tour à tour Jacques Chirac et Dominique de Villepin, a conquis la France, en même temps qu'il a perdu sa femme.

Face à lui, Sarkozy affronte donc Chirac et de Villepin. De nombreux rendez-vous à l'Elysée, ou déjeuners avec de Villepin émaillent le film. L'occasion pour les différents protagonistes de cette comédie humaine de se dire en face, ou pas, ce qu'ils pensent les uns des autres. Ces scènes sont souvent drôles, notamment grâce aux dialogues incisifs, au sens de la répartie de Sarkozy, et à la savoureuse interprétation des comédiens.
A ses côtés, le "candidat" possède sa garde rapprochée, ses fameux Sarkoboys, avec au premier rang Claude Guéant, l'ami de longue date, toujours présent même quand il reste silencieux, Frédéric Lefebvre ou Pierre Charon. Au milieu de ce bloc de testostérone, une femme arrive tout de même à se démarquer, Rachida Daty. Et tout ce groupe travaille sans cesse à construire l'image de Sarkozy, très souvent bien différente de ce qu'il est en réalité.
Et encore plus près de Nicolas, il y a sa femme, Cécilia. Sa première conseillère, comme il l'appelle. Mais, lassée par toutes les obligations de représentations qu'impose la conquête du pouvoir, blessée par la manière dont son mari la traite parfois, elle va peu à peu se détourner de lui. C'est là le principal ressort dramatique du film : en même temps que Nicolas se rapproche du sommet, Cécilia, séduite par un publicitaire, Richard Atias, qui lui offre une vie différente, plus discrète, disparaît.

Un carton l'annonce au début du film : même si certains personnages et certains dialogues sont réels, La Conquête est une oeuvre de fiction. C'est ce qui fait à la fois la force et la faiblesse du film. Car entre réalité et fiction, la frontière est parfois difficile à déterminer, et on ne sait jamais vraiment si ce qu'on regarde, ce qu'on entend est vrai ou pas. Sur certaines scènes, abondamment relayées par les médias à l'époque, le doute n'est pas permis. Pour d'autres, ce n'est pas le cas. Notamment tout ce qui concerne la rupture avec Cecilia, qui affecte réellement Sarkozy dans le film. Etait-ce également le cas dans la vraie vie, ou bien est-ce un parti-pris du film pour rendre le personnage plus romanesque, attachant ?

Du coup, on ressort avec une impression bizarre, notamment à propos de Sarkozy. Tour à tour odieux, cynique, drôle, blessé, mais toujours combatif, franc et direct, le personnage nous apparaît terriblement... humain. Bien loin de l'image qu'on a de lui, en fait. Moi qui pensais voir un film anti-Sarko, c'est plutôt le contraire qui m'est offert, et j'ai fini par avoir presque de l'empathie pour lui. Au contraire, de Villepin, qui apparaît comme totalement obsédé par "le nabot", est assez détestable. Mielleux, hypocrite, il est bien loin de sa hauteur d'âme et d'esprit qui transparaît publiquement. Quant à Chirac, sa relation avec Sarkozy est étrange. On sent bien qu'il ne sait pas comment s'y prendre avec lui. L'ambition et les manières de celui qui l'a trahi pour Balladur l'exaspèrent, mais d'un autre côté, il sait bien qu'il est le seul capable de lui succéder. Il se méfie mais finit par lui céder tous les outils afin qu'il devienne président. Il l'adoube, sans jamais le lui dire en face...

Un dernier mot, pour conclure, sur l'interprétation de Denis Podalydès. Dès la première scène, par sa démarche, on voit Nicolas Sarkozy. Il parvient à incarner le président sans jamais le caricaturer, que ce soit dans sa voix, sa posture, ses tics... Une performance du même accabit que celle de Xavier Demaison dans Coluche, ou Eric Elmosnino dans Gainsbourg. Et une raison de plus pour apprécier ce film...

vendredi 18 février 2011

Black Swan

C'est l'histoire d'un mec... Euh non, pour une fois, c'est l'histoire d'une fille, Nina, danseuse au New York City Ballet. Après des années passées dans un relatif anonymat, elle est choisie pour incarner le rôle principal du Lac des Cygnes. Parfaite en cygne blanc, elle est en revanche beaucoup trop réservée pour jouer le cygne noir. Face à la pression de son metteur en scène, de sa mère, et d'une autre danseuse, Nina va commencer à perdre la raison. La belle poupée de porcelaine va peu à peu se fissurer, pour laisser place à...

Ceux qui connaissent la filmographie de Darren Aronofsky (Pi, Requiem for a dream, The Fountain, The Wrestler) savent de quoi le bonhomme est capable avec une caméra. Avec Black Swan, le réalisateur américain démontre encore tout son talent. Il arrive vraiment à vous immerger dans son univers en seulement quelques plans. Ici, il met sa dextérité au service d'une entreprise loin d'être évidente : un thriller psychologique dans le milieu de la danse classique. Sur le papier, le sujet n'est pas forcément alléchant. Mais dans les faits, c'est passionnant. De la même manière qu'il avait filmé le catcheur Mickey Rourke, il filme la danseuse Natalie Portman au plus près, il danse autour d'elle. Mais contrairement aux frères Dardenne, avec Aronofsky, qui dit caméra à l'épaule ne dit pas forcément maladie de Parkinson.

Dès la première scène, on est littéralement happé par l'écran, on pénètre au coeur d'un pas de deux fantasmagorique, et pendant presque deux heures on ne va plus quitter Natalie Portman des yeux. L'actrice, qui livre ici une de ses plus belles partitions, est en effet de presque toutes les scènes. Tour à tour vibrante, rayonnante, hésitante, excitante, terrifiée et terrifiante, elle est l'héroïne du film, dans tous les sens du terme, tellement elle rend le spectateur "accro". Elle se transforme sous nos yeux, nous entraînant avec elle dans cette descente aux enfers, entre réalité et fantasme. On est heureux pour elle, on a peur pour elle, on souffre pour elle...

Portman est de plus entourée de seconds rôles tous excellents (sa mère, le metteur en scène, sa rivale), autant de personnages qui gravitent autour de la danseuse étoile, autant d'influences qui vont à la fois provoquer et subir sa transformation. Car la petite fille trop douce et réservée va peu à peu dévoiler une autre facette de sa personnalité. Le cygne noir qui se cachait bien profondément en elle va naître et s'envoler, pour permettre à Nina d'aller au bout de sa quête, jusqu'à la (destruction ?) perfection...

jeudi 13 janvier 2011

Somewhere

C'est l'histoire d'un mec, Johnny Marco, acteur célèbre, qui végète entre deux films dans le célèbre hôtel Marmont à Los Angeles. Entre soirées alcoolisées, nuits débridées, et quelques activités promotionnelles, il regarde le temps passer. Séparé de sa femme, il va devoir s'occuper de sa fille, Cleo, 11 ans, pendant quelques jours, et va retrouver à son contact le fil de sa vie.

Sofia Coppola, acte IV. Après Virgin Suicides, Lost in translation et Marie-Antoinette, la réalisatrice la plus branchée d'Hollywood nous livre son quatrième opus. Et à mon grand regret, c'est le plus mauvais. D'ailleurs, je me demande si je vais me déplacer pour le prochain, car plus ça va, moins ça va. J'avais adoré Virgin, beaucoup aimé Lost, moyennement aimé M-A, et là je me suis bien emmerdé pendant un peu plus d'1h30. Coppola filme l'ennui et nous ennuie, elle n'a rien à dire, et lorsqu'elle dit quelque chose, c'est grossièrement.

Alors certes, la musique (de son chéri Phoenix) est belle, l'image est belle, la vie est belle aussi pourrait-on dire, au pays des riches acteurs hollywoodiens. On pilote une Ferrari, on dort dans la suite d'un grand hôtel à Milan, les filles sont toutes superbes et faciles. Mais à côté de ça, quel vide ! C'est là tout le sujet du film d'ailleurs, montrer la vacuité de l'existence de cet homme de 35 ans qui vit en vase clos, coupé du monde, comme enfermé dans une bulle que sa fille va peu à peu fissurer. Est-ce suffisant ? Pas sûr... Il ne se passe donc rien dans la vie de cet acteur, infantilisé à outrance, qui va où son agent lui dit d'aller, qui ne peut rien faire seul, à part dormir et se laver, qui ne semble n'avoir rien à dire si ça n'a pas été écrit dans un scénario. D'ailleurs, lui-même finit par se rendre compte qu'il n'est rien, une fois que sa fille est repartie. Quelle révélation !

Coppola a toujours aimé jouer sur les non-dits, la subtilité. C'est encore le cas ici, où la relation entre le père et la fille est à peine esquissée, par petites touches. D'ailleurs, lorsqu'il se décide enfin à lui dire quelque chose d'important, le son de sa voix est couvert par le bruit d'un hélicoptère (preuve de leur incommunicabilité). De la même manière, c'est lorsqu'ils ne se parlent pas qu'ils sont le plus proches, comme lors de cette jolie scène dans une piscine. Mais, à côté de ces quelques moments de légèreté, la réalisatrice nous assène aussi quelques leçons de psychologie grossière. La plus symbolique concerne la scène d'ouverture et la scène de fin. Au début, Johnny pilote sa voiture sur un circuit : il tourne en rond, comme dans sa vie. A la fin, toujours au volant de sa Ferrari, il file sur la route, des lignes droites, car désormais il avance, il a un but. Il finit même par descendre de sa voiture pour continuer à pieds, signifiant ainsi qu'il s'est affranchi de toute sa vie d'avant... Merci bien madame la psy, je vous dois combien ?!

Un film sur l'ennui doit-il être ennuyeux ? Pas nécessairement, mais celui-là l'est clairement.

lundi 3 janvier 2011

Une année de cinéma

Avec la fin d'année (enfin plutôt le début) vient nécessairement l'heure des bilans. Voici donc les films qui m'ont le plus marqué en 2010, parmi ceux que j'ai vus bien sûr. Il m'arrive parfois d'en manquer...
Il est totalement autorisé, voire recommandé, de ne pas être d'accord avec moi !

Top 10 des coups de coeur :
1. Avatar (je sais, il est sorti en 2009, mais je ne l'ai vu qu'en 2010. Quel pied, tout simplement !)
2. Dragons (Ce n'est pas du Pixar mais c'est presque mieux que du Pixar)
3. Dans ses yeux (un petit bijou argentin)
4. Brothers (Un mélo qui ne sombre pas dans le mélo. Et puis Natalie ! Ah Natalie !)
5. A bout portant (il est rare qu'un film français me captive de la première à la dernière minute. Celui-là, c'est le cas)
6. The social Network (David Fincher réussit le tour de force de rendre passionnant un sujet pour le moins assommant)
7. The Ghostwriter (entre manipulation et trahison, Roman Polanski nous balade avec délectation)
8. Toy Story 3 (toujours plus beau, toujours plus fort, toujours plus émouvant, mais un poil moins drôle)
9. Gainsbourg (un parti pris esthétique fort, des acteurs parfaits, le mythe Gainsbourg décortiqué)
10. Esther (je n'ai jamais peur au cinéma mais là je dois bien avouer que j'ai ressenti quelques frissons)

Bonus tracks :
Agora
Coco et Igor
L'Arnacoeur
Kick-ass
L'Elite de brooklyn
The Town

Top 10 des coups de gueule :
1. Le Bruit des glaçons (les seuls moments drôles sont dans la bande-annonce. Pour le reste, quel ennui !)
2. Nine (Tout sonne faux, que les acteurs jouent ou chantent. Un ratage complet)
3. Piranha (Alexandre Aja se plante complètement, laissant la technologie prendre le pas sur le fond)
4. Tout ce qui brille (Un des succès surprises de l'année, mais je suis resté de glace et j'ai à peine ri)
5. Des Hommes et des Dieux (une belle histoire, poignante, qui n'est pas parvenue à m'émouvoir)
6. Un crime d'amour (Le dernier film d'Alain Corneau n'est pas son meilleur, loin de là. Ludivine Sagnier confirme qu'elle est une mauvaise actrice)
7. Invictus (Non, Clint Eastwood ne fait pas que des chefs d'oeuvre. Son film manque cruellement de souffle
alors qu'il raconte une véritable épopée sportive et humaine)
8. Alice au pays des merveilles (Tim Burton hésite sans cesse entre miévrerie à la Disney et son univers personnel, sans jamais choisir. Un film cul entre deux chaises)
9. Robin des bois (Gladiator à la sauce médiévale. Mais tout est moins bien)
10. Iron Man 2 (Quand le plus devient l'ennemi du mieux. Confère également Transformers 2)

Bonus tracks :
Hors de contrôle
Salt
Kaboom
Adèle Blanc-Sec
In the air
Tamara Drewe

Les inclassables :
Inception (j'ai aimé pour son univers et sa complexité, je n'ai pas aimé pour son maniérisme et sa complexité. Matrix a fait mieux dix ans plus tôt)
Les petits Mouchoirs (excellent film à la surface, collection de poncifs et de clichés en profondeur)
Shutter Island (j'ai fini le bouquin quelques semaines avant de voir le film, impossible de porter un jugement objectif)

mardi 14 décembre 2010

Si j'étais moins con...

Dans le pas trop mauvais "Le Coeur des hommes", un des quatre personnages, bourré, interpelle dans une scène ses trois potes en leur disant que dans la vie il était parfois utile de se poser une grande question : "Qu'est-ce que je ferais si j'étais moins con ?". Je suis assez d'accord avec lui, on devrait se poser cette question plus souvent, et surtout essayer d'agir en conséquence !

Alors, qu'est-ce que je ferais si j'étais moins con :

Je laisserais (parfois) les autres avoir le dernier mot
J'oserais plus
J'aurais plus confiance en moi
Je dirais parfois ce que je pense, quand je le pense, et parfois pas ce que je pense, quand je le pense
Je vivrais plus et mieux
J'aurais su garder les femmes que j'aimais
Je pardonnerais plus facilement à ceux qui m'ont offensé
Je ferais plus de bien et moins de mal
Je dirais je t'aime aux gens que j'aime
Je ne laisserais pas des conflits stupides foutre en l'air des amitiés
Je prendrais plus de risques, même au risque de me faire mal
Je serais moins cinglant, égoïste, timide, ermite, inquiet, peureux, menteur, orgueilleux, provocateur
Je n'aurais pas perdu certaines personnes qui ont compté dans ma vie
Je me prendrais moins la tête pour des conneries
Je réfléchirais moins, j'agirais plus
Je serais plus heureux, et plus serein, du moins j'espère...

dimanche 5 décembre 2010

A bout portant

C'est l'histoire d'un mec, Samuel Pierret, aide-soignant dans un hôpital parisien, qui va voir sa vie basculer du jour au lendemain lorsque sa femme enceinte est kidnappée à son domicile, sous ses yeux. Contraint de faire sortir de son hôpital un gangster recherché par la police, il va débuter une course contre la montre entre flics et voyous pour sauver sa femme, au péril de sa vie.

Rares sont les films français qui parviennent à égaler les américains sur leur terrain de jeu préféré, l'action. Bon, ok, dans l'absolu, rares sont les films français qui parviennent à égaler les américains lorsqu'ils essayent de les copier, confère le récent "Simon Werner a disparu", pâle copie d'Elephant, ou Largo Winch, dramatique sous-James Bond. Mais là, je dois bien avouer que A bout portant remplit aisément son contrat, qui consiste en gros à vous scotcher à votre fauteuil pendant 1h30. Après quelques minutes d'exposition fort logiques, histoire de vous présenter les personnages et les bases de l'intrigue, le rythme décolle et ne ralentit pas un seul instant jusqu'à la fin. Et on sort du film comme le héros, essoufflé. C'est assez impressionnant, et surtout très plaisant à suivre. Comme l'a écrit l'un de mes camarades blogueurs, c'est aussi intense qu'un épisode de 24 heures chrono, le split screen en moins.

Certes, il y a ici et là quelques invraisemblances et facilités dans le scénario, mais on s'en rend à peine compte tant l'action et le suspense l'emportent sur tout le reste. Deux ans après "Pour elle", Fred Cavayé, dont la mise en scène au cordeau (notamment lors d'une très intense scène de poursuite dans le métro) est haletante et maîtrisée, confirme ainsi qu'il est un cinéaste à suivre. Côté casting, Gilles Lellouche, pour son premier "premier rôle", s'affirme dans un registre différent de ses précédentes apparitions de looser au grand coeur, genre "Ma vie en l'air" ou "les petits Mouchoirs". En homme ordinaire totalement dépassé par les événements mais qui va trouver en lui des ressources insoupçonnées, il est juste... totalement crédible. De l'action, des sentiments, du suspense, des flics ripoux, des gangsters pas si salauds. Mais que demande le peuple ? Quoi ? Vous êtes encore en train de me lire ? Mais vous devriez déjà avoir éteint votre ordinateur et être parti au cinéma...

dimanche 21 novembre 2010

Les femmes sont des hommes comme les autres

Vous vous souvenez certainement, chères lectrices et chers lecteurs, de cet excellent film avec Antoine de Caunes intitulé L'Homme est une femme comme les autres.
Hé bien laissez-moi vous parler des ces femmes qui sont des hommes comme les autres.
Ce n'est plus un secret pour personne, je rencontre des demoiselles via des sites internet. Je n'irais pas jusque à dire que j'en suis fier, mais en tout cas je n'en ai pas honte.
Si ce mode de rencontres ne m'a toujours pas permis de rencontrer la femme de ma vie (mais qui y croit encore ?), il m'a au moins permis de parfaire mes connaissances sur le supposé sexe faible.
Et de vivre parfois des aventures que je n'aurais certainement pas vécues dans la vraie vie, étant parfaitement incapable d'aborder une inconnue.
Et donc, il y a quelques temps, il m'est arrivé cette histoire...

Avec Josiane (le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité), tout avait commencé de manière traditionnelle : échange de messages sur le site, puis passage sur le mail perso, puis sur Facebook, puis échange de numéros de téléphone. Enfin, de manière traditionnelle pas tant que ça en fait. Car, une fois n'est pas coutume, Josiane était intéressée par moi. Dans le sens où elle était vraiment curieuse de me connaître, de savoir qui j'étais, ce qui est rarement le cas des filles du net. Elles préfèrent de loin s'intéresser à elles, les garçons étant le plus souvent réduits au simple rôle de faire-valoir uniquement là pour les rassurer sur leur potentiel de séduction.
Mais, avec Josiane, il y avait réellement un dialogue, un échange, et ça la rendait d'autant plus séduisante. Tout allait donc pour le mieux. Même si parfois elle m'inquiétait un peu car elle donnait l'impression d'avoir vraiment craqué pour moi. Et Dieu sait que le virtuel peut facilement laisser libre cours à l'imaginaire. Elle s'enflammait un peu trop, j'essayais donc de la calmer, mais sans la vexer. Je lui disais qu'il fallait attendre de se rencontrer avant de s'emballer, qu'il ne fallait pas tirer de plans sur la comète, etc...

Après de longs jours de discussion virtuelle, vint enfin celui de la rencontre. Après un léger raté lors du premier rendez-vous, le deuxième fut le bon. Nous avons déjeuné ensemble à côté de chez moi. Tout s'est plutôt bien passé. La complicité qui régnait entre nous virtuellement se retrouvait dans le réel, c'était agréable. On avait l'impression de déjà se connaître, comme de vieux amis, avec la séduction en plus. Bref, un moment très agréable, qui s'est soldé par un "petit" baiser. Nous avions prévu de nous revoir quelques jours plus tard, elle voulait même que ce soit le plus tôt possible.

Et puis, sans raison apparente, Josiane a disparu. Deux jours, trois jours, quatre jours sans nouvelles. Elle qui ne passait pas plus de quelques heures sans m'écrire, voilà qu'elle avait été effacée de la surface virtuelle de la terre. Après plusieurs jours de silence, elle a fini par me répondre. Pour justifier son attitude, elle m'a expliqué que sa grand-mère était très malade et qu'elle s'était repliée sur son cercle intime, c'est à dire le monde entier sauf moi. Je ne sais pas si c'est la vérité. Peut-être n'avait-elle tout simplement plus envie de me revoir et elle ne savait pas comment me le dire. Car même si elle m'a dit la vérité sur sa grand-mère, j'ai perdu mes deux grands-parents cette année, ce n'est pas pour autant que j'ai cessé tout contact avec mon entourage. Et puis elle m'avait laissé croire qu'elle voulait que je fasse partie de ses intimes, justement. J'espérais donc qu'elle le fasse vraiment. Enfin bref, je ne l'ai jamais revue, je ne saurai donc jamais le fin mot de l'histoire. Avant la rencontre, elle était présente, voire pressante. Voire oppressante. Elle nous voyait presque mariés et avec des enfants. Et après la rencontre, je n'existais plus pour elle. N'est-ce pas là un comportement que l'on prête habituellement aux hommes ? Il serait peut-être temps de réviser nos jugements sur ce dont est capable chacun des deux sexes, non ?

mardi 16 novembre 2010

Inspiration

Je m'assieds à mon bureau. J'appuie sur le bouton marche de l'ordinateur. En quelques secondes l'écran s'allume. J'ouvre une page blanche. Mes doigts se posent sur le clavier, et appuient dessus, mécaniquement. Des mots apparaissent sur l'écran. Ils sortent de mon cerveau et s'affichent noir sur blanc pour former des phrases. J'écris.

J'écris sur moi, sur vous, sur nous, sur tout. J'écris des mots insignifiants, des mots indispensables.
J'écris sur la vie. Je me demande pourquoi elle me rend si heureux parfois, et pourquoi elle me fait tellement mal.
J'écris sur les femmes. Je me demande pourquoi elles me rendent si heureux parfois, et pourquoi elles me font tellement mal.
Je me demande pourquoi je ris, pourquoi je vis, pourquoi je pleure, pourquoi je meurs. Je me demande si le bonheur existe, si j'arriverai à survivre à la mort de mes parents, si j'aurai des enfants un jour...
Je suis assis, et sans réfléchir, les mots prennent sens, les phrases se forment. Du fond avec de la forme.
Plus rien n'existe autour de moi, mon cerveau est accaparé par cet écran blanc, ce clavier noir. Mes sens sont en sommeil, plus rien ne bouge, tout est calme. Moi aussi je suis calme, serein. Je respire tranquillement, mes doigts sont légers, ils tapent.

Et puis soudain tout s'arrête. La source est tarie. J'ai perdu l'inspiration, elle s'est envolée. Elle a quitté la pièce, elle m'a quitté. Elle aussi. Je me prends la tête entre les mains, et je réfléchis. Où est-elle partie ? Pourquoi m'a-t-elle quitté ? Je la cherche. Autour de moi. En moi. Elle n'est plus là. Si jamais vous l'avez vue, ramenez-la moi.

lundi 8 novembre 2010

Les petits Mouchoirs





C'est l'histoire d'un mec, Ludo, victime d'un très grave accident de scooter en sortant de boîte de nuit. Il s'en sort mais est tout de même très sérieusement amoché et hospitalisé en soins intensifs. Ses amis, malgré leur inquiétude, décide de partir tout de même en vacances. Entre balades en bateau, repas arrosés, petits mensonges et grandes tensions, ils vont passer 15 jours ensemble au Cap-Ferret, pendant qu'à Paris, Ludo s'accroche à la vie.

Les petits Mouchoirs est un drôle de film. On ne prend réellement aucun déplaisir à le regarder. Pendant 2h30, on rit (beaucoup), on pleure (un peu) et on suit avec entrain les aventures de ces hommes et ces femmes qui pourraient être nous, après tout, ou quelqu'un que l'on connaît. Leur vie défile sous nos yeux, leurs angoisses et leurs joies s'affichent sur grand écran et parfois on aimerait presque les rejoindre, aller leur parler, partager avec eux leurs émotions. Les personnages sont attachants, malgré leurs travers, les dialogues sont bons et percutants, les acteurs idem. Même les mouvements de caméra de Guillaume Canet sont agréables. On sent qu'il a pris de l'assurance, et aussi qu'il a eu les moyens de ses ambitions, succès de "Ne le dis à personne" oblige Non, vraiment, si l'on reste à la surface des choses, ce film est une réussite !

Mais voilà, le problème est qu'on a envie de creuser un peu, et là, forcément, ça se dégrade, légèrement, voire beaucoup.
- Tout d'abord, le film nous vend un malentendu. La plupart des personnages sont des égoïstes forcenés, qui ne pensent qu'à eux et à leurs petits problèmes. Ils se parlent entre eux, mais ne s'écoutent pas. Si ça ressemble à ça l'amitié, ça donne plutôt envie de vivre en ermite ! Alors, certes, c'est le thème du film, ces êtres humains qui posent des petits mouchoirs sur les défauts des autres afin de ne pas se préoccuper des leurs...
- Ensuite, là encore, la plupart des personnages sont trop stéréotypés. Du quadra psychorigide qui a réussi dans la vie et affiche sa richesse, à la fille qui se comporte comme un mec en enchaînant les plans culs de peur de s'engager, en passant par le garçon qui préfère provoquer la faillite de ses relations plutôt que de prendre le risque que ça marche, c'est assez peu complexe... En fait, chacun des acteurs est enfermé dans un rôle bien précis, et n'en sort pas du film, ou à de très rares exceptions. Finalement, le personnage le plus complexe est certainement celui qu'on ne voit jamais ou presque, Ludo.
- Même si l'on ne s'ennuie pas vraiment pendant les 2h30, le film aurait sûrement gagné à être plus concis. Certaines scènes sont trop longues ou inutiles, et on est finalement heureux de voir la fin arriver...
- La fin, justement, est certainement la partie la plus manquée. Que ce soit sur la forme ou sur le fond d'ailleurs. Sur la forme, Canet nous sort une longue séquence de funérailles tire-larmes au possible où chaque acteur rivalise d'émotions pour nous faire sortir "nos mouchoirs". Mais au final c'est fastidieux et vraiment too much, et surtout ça n'atteint pas son but (enfin sur moi, parce que ma voisine a pleuré à chaudes larmes). Et sur le fond, voir ces hommes et ces femmes pleurer leur ami qu'ils ont abandonné dans sa chambre d'hôpital parce que leurs vacances étaient plus importantes, c'est très limite. C'est comme s'ils voulaient se racheter une conduite, obtenir la rédemption. Cela dit, ça donne une morale au film, et chacun peut se regarder dans une glace en rentrant chez soi. Quant au spectateur, il peut bien faire ce qui lui chante, l'essentiel est qu'il soit venu débourser ses 10 euros. J'exagère en plus, je l'ai bien aimé ce film. C'est juste que bon voilà, quoi... Enfin, vous me comprenez.

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